Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
La lutte acharnée à propos de la force
dintervention au Liban
Le déploiement dun contingent militaire des Nations unies au Liban fait face à des difficultés. La France, qui était supposée au départ former « la base » de la force et la diriger, a inopinément refusé de jouer ce rôle. Maintenant, incitée par Israël et les ةtats-Unis, lItalie a fait savoir quelle était prête à diriger la force et à fournir son plus gros contingent.
La résolution 1701, passée par le Conseil de sécurité des Nations unies le 11 août et qui est à la base de larmistice instable au Liban, prévoit le déploiement rapide dune force de lONU de 15 000 soldats. Lentente finale sur la résolution a été précédée dune longue dispute entre les ةtats-Unis et la France.
Israël et les ةtats-Unis voulaient que la force internationale complète la tâche que larmée israélienne navait pas réussi à compléter durant son attaque de 33 jours sur le pays voisin : la liquidation du Hezbollah et la transformation du Liban en un protectorat inoffensif des grandes puissances. ہ lorigine, Israël et les ةtats-Unis ont cherché à confier la mission à une force de lOTAN avec un mandat prétendument « solide », qui lui aurait donné le pouvoir de désarmer le Hezbollah par la force.
La France, qui a travaillé étroitement avec le gouvernement libanais ainsi que dautres gouvernements arabes et européens, voulait aussi voir le Hezbollah désarmé. Toutefois, contrairement aux ةtats-Unis, elle a tenté de le faire principalement par des moyens politiques. Selon les plans français, le désarmement devait avoir lieu après une entente mutuelle et sous les auspices du gouvernement libanais, et sécurisé par la présence de la force internationale.
Lorsque, après un mois dagression, il est devenu clair que larmée israélienne navait pas réussi à vaincre militairement le Hezbollah, les ةtats-Unis ont finalement accepté un compromis en la résolution 1701 de lONU. Washington a laissé tomber sa demande pour une force de lOTAN et a plutôt accepté une expansion de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), de 2 000 à 15 000 soldats.
Une force de la FINUL plus puissante aurait la tâche dempêcher la livraison darmes au Hezbollah, mais ne pourrait le désarmer par la force. Elle sera déployée non pas sous le chapitre 7 de la Charte de lONU, mais sous les conditions moins coercitives du chapitre 6.
Le vote unanime au Conseil de sécurité pour la résolution 1701 a masqué les désaccords profonds, mais il ne les a pas résolus.
Israël et les ةtats-Unis continuent dinsister sur le désarmement total du Hezbollah. Lambassadeur américain aux Nations unies, John Bolton, tente dintroduire une nouvelle résolution à cet effet, tandis quIsraël ignore avec mépris les clauses du cessez-le-feu qui lui barrent la voie.
Cinq jours après le début de larmistice, Israël a mené avec provocation une opération commando dans la vallée de la Bekaa. De plus, il jure ouvertement de tuer le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et a refusé la présence de soldats de lONU de pays musulmans comme lIndonésie, le Bangladesh et la Malaisie sur ses frontières.
La France, de son côté, en est arrivée à la conclusion que toute tentative pour désarmer le Hezbollah par des moyens politiques était vouée à léchec.
Même avant la récente guerre, le Hezbollah sétait déjà implanté profondément dans la population chiite du Liban. Après avoir résisté à larmée israélienne et son armement américain durant 33 jours, sa popularité sest accrue au-delà des divisions religieuses et ethniques.
Des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes à travers le Moyen-Orient. Des manifestants arboraient des images de Nasrallah, côte à côte avec des images de lancien président égyptien Gamal Abdel Nassal et du sultan Saladdin, le chef musulman du douzième siècle qui a mené à la victoire contre les croisés à Jérusalem.
Des millions dArabes perçoivent chaque action dirigée contre le Hezbollah comme une attaque contre leurs propres intérêts et comme un coup porté au nom dIsraël et des ةtats-Unis. Cest une importante raison qui explique le recul de la France dans son implication dans la force de lONU.
En tant quancienne puissance coloniale, la France a vu la guerre comme loccasion de rétablir son influence au Liban. La résolution 1701 a été essentiellement le résultat de linitiative par le gouvernement à Paris et elle a été acclamée par la presse française comme un important succès pour la diplomatie française. On a toujours cru que la France formerait la base de la force de lONU.
Mais à la soi-disant conférence sur le « déploiement de troupes » qui sest déroulée le 17 août à New York, la France a proposé daugmenter son contingent de la FINUL de 200 à seulement 400 soldats, contrairement aux 3 000 qui étaient prévus. La volte-face a été officiellement justifiée par largument que les tâches et les pouvoirs de la mission navaient pas été suffisamment définis. Sous ce prétexte se cache la crainte française que ses troupes pourraient se retrouver coincées entre les deux camps et mêlées à un conflit militaire, sans issue claire à lhorizon.
Le journal français Libération a déclaré : « Le problème, c'est que le gouvernement libanais n'a ni les moyens militaires ni politiques d'exiger du Hezbollah ce que Paris et Washington lui demandent, à savoir son désarmement. Beyrouth a les mains liées par la popularité du parti chiite et les divergences sur ce sujet très sensible au sein de la classe politique libanaise. »
Comme avant la guerre, le désarmement des milices chiites demeure au coeur de la crise, et de poursuivre Libération : « Avec une différence essentielle : on chercherait les raisons du Hezbollah de déposer les armes, auréolé de sa victoire sur l'ennemi sioniste et de sa proximité avec une partie de la population qu'il est le premier aujourd'hui à aider et secourir. »
Le commandement militaire français, en particulier, met en garde contre tout déploiement irréfléchi au Liban et soutient quil ne devrait pas sy trouver de casques bleus français sans mandat clair. « La question aujourd'hui ce n'est pas combien [de soldats] et quand, a affirmé la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, mais c'est pourquoi faire et comment. Une mission floue de cette force risquerait dentraîner une catastrophe. »
La France est encore sous le coup du traumatisme du précédent déploiement au Liban alors quen 1983, 58 parachutistes étaient tués dans leur poste à Beyrouth, appelé « Drakkar », suite à un attentat suicide dun chiite rebelle. La France a traditionnellement joui de ses relations étroites avec lélite chrétienne maronite au Liban et ne pourra pas jouer le rôle du médiateur désintéressé si la guerre venait à éclater de nouveau. Elle se retrouvera inévitablement prise entre les parties combattantes.
Dautres ont aussi rappelé le déploiement de lONU en Bosnie dans lequel la moitié des 167 morts furent françaises.
Un autre facteur de la réticence de la France à sengager est la position adoptée par les régimes arabes qui se sont de plus en plus dissociés de la force de lONU. La plupart des gouvernements arabes nont fait que regarder et nont pas levé un petit doigt alors quIsraël bombardait le Liban, tuant plus de 1 000 civils et forçant le déplacement dun million de personnes. Aujourdhui, toutefois, ils craignent que les sentiments anti-américains et anti-israéliens largement répandus menacent leur régime sils sidentifient trop ouvertement avec des actions dirigées contre le Hezbollah.
Ceci est particulièrement évident pour la Syrie, avec laquelle la France, tout comme les Etats-Unis, na pas de relations diplomatiques. Ce fut le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui eut la tâche de se rendre à Damas pour obtenir lappui de la Syrie. Toutefois, il fut grossièrement rejeté.
Avant que Steinmeier senvole pour Damas, le président syrien Bashar al-Assad a prononcé un discours dans lequel il a nettement attaqué Israël et louangé le Hezbollah. Steinmeier a abruptement annulé son voyage.
La retraite de la France représente un considérable problème pour Israël et les Etats-Unis. Suite à léchec de son offensive au Liban, le gouvernement israélien est dans une crise profonde et a besoin de lappui des troupes de lONU à ses frontières. Le premier ministre israélien Ehoud Olmert et le président américain George W. Bush se sont tournés vers le premier ministre italien, Romano Prodi, pour que lItalie remplace la France à la tête de la force onusienne.
Prodi a immédiatement indiqué quil était prêt à jouer ce rôle. Le week-end dernier, il a téléphoné aux dirigeants de lAllemagne, de la France et de la Turquie pour demander leur aide pour mettre sur pied une force conjointe de lONU. Lundi, il a informé le secrétaire général de lONU Kofi Annan que lItalie était prête à prendre la tête de la force et à envoyer jusquà 3 000 soldats au Liban. La question fondamentale était davoir « un mandat clair avec des paramètres précis ». Il a maintenu que les forces de lONU ne devraient pas être chargées de désarmer le Hezbollah, mais simplement de superviser la situation politique du conflit.
Avec Prodi faisant des demandes similaires à celles de la France, il est possible que le gouvernement français cherchera maintenant à accroître son contingent et peut-être même à prendre la tête de la force.
LItalie a traditionnellement maintenu de bonnes relations avec la plupart des gouvernements arabes. Ce nest que sous le prédécesseur de Prodi, Silvio Berlusconi, que la politique étrangère italienne sest plus nettement aligné avec la politique américaine. Le but avoué de Prodi est de changer cette politique et de faire de lItalie une puissance régionale de la Méditerranée.
Son gouvernement a été enclin à simpliquer au Liban depuis un certain temps. Déjà au sommet du G8 de Saint-Pétersbourg en juillet, Prodi avait offert denvoyer des soldats italiens au Liban. Peu après que lon se soit entendu sur la nouvelle résolution de lONU, il a cherché à réaliser sa promesse, engageant son gouvernement et le parlement italien sur sa politique. Il a déclaré lors dune conférence de presse vendredi dernier que lItalie amorçait « une nouvelle phase de sa politique étrangère, une phase de crédibilité et de responsabilité ».
Au même moment, Prodi a clairement affirmé dans quel camp lItalie se trouvait. « La guerre a été commencée par le Hezbollah qui a attaqué le territoire israélien », a-t-il dit.
La coalition de centre-gauche de Prodi a gagné les dernières élections parlementaires italiennes en avril dernier, la promesse de retirer les troupes italiennes de lIrak jouant un rôle important dans cette victoire. Aujourdhui, son gouvernement veut entreprendre une nouvelle mission risquée au Moyen-Orient dans le but daugmenter linfluence de lItalie en Méditerranée.
Le ministre des Affaires étrangères, Massimo DAlema, un membre des Démocrates de gauche (lorganisation qui a succédé au Parti communiste italien) a joué un rôle important dans le changement de la politique étrangère italienne. Prodi a aussi pu compter sur lappui de la Refondation communiste (Rifondazione Comunista), qui a joué un rôle actif dans les manifestations de masse contre la guerre en Irak, mais qui appuie maintenant au gouvernement et au parlement lintervention de lItalie au Liban.