Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
Fox a les mains maculées de sang
Le gouvernement de Vicente Fox parvient à ses fins en étant l'otage des classes les plus délictueuses du parti quil avait essayé de « virer à coup de pieds au derrière » de Los Pinos, avec le stigmate de la trahison à légard dun mouvement populaire avec lequel il était censé être en négociations, avec la même manie de mentir et les mains maculées de sang. Tel est le solde provisionnel de lincursion répressive lancée hier contre lAssemblée populaire des peuples dOaxaca (APPO), décidée dans la précipitation absolue après que les services de sécurité de l'État et de la municipalité d'Oaxaca, convertis en escadrons de la mort eurent assassiné vendredi quatre personnes et en aient blessé vingt trois autres.
Le pouvoir fédéral ne sest pas mobilisé pour désarmer et arrêter les meurtriers mais pour sacharner contre leurs victimes et pour réinstaller au pouvoir une autorité rejetée et impopulaire comme il ny en avait pas eu depuis très longtemps dans le pays. Des heures avant lopération, le secrétariat du gouvernement a coupé les lignes de communication avec les représentants de lorganisation populaire avec laquelle il continuait les négociations. Cette attitude nous rappelle forcément les évènements du 9 février 1995, lorsque le gouvernement dErnesto Zedillo, sans interrompre les contacts qu'il maintenait avec la direction de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, avait tenté de la capturer par surprise et par traîtrise.
Impassible, le responsable de ce ministère est sorti pour fêter le « solde blanc » que lui a rapporté Miguel Angel Yunes Linares, le sous-Secrétaire à la Sécurité Publique, pendant que les médias publiaient les photos de lun des morts suite à lescalade répressive, Jorge Alberto López; ce dernier a reçu limpact dune capsule de gaz lacrymogène dans la poitrine, lancée par les effectifs de la police fédérale préventive.
La « méthode très méticuleuse qui consiste à ne pas blesser, à ne pas faire de mal » des contingents de police a depuis hier laissé un bilan de trois morts et de dizaines de blessés. La mobilisation policière a montré ses véritables intentions : écraser le mouvement qui demande le départ dUlises Ruiz du poste de gouverneur de lÉtat dOaxaca, avec larrestation denviron 60 présumés membres de lAPPO et la violation dune cinquantaine de domiciles. Et le prétexte de lincursion - « les deux parties étaient en train de sentretuer », selon Abascal* -, sécrase sous son propre poids, parce que la violence de lEtat sest dirigée de manière évidente contre le mouvement populaire et en aucun cas contre les responsables de tous les morts, pas loin d'une vingtaine jusqu'à maintenant dans lentité en proie aux convulsions.
Évidemment, la violente intrusion des forces fédérales dans la capitale dOaxaca ne va pas résoudre le conflit, bien au contraire, ce recours répressif complique plus la crise régionale et rajoute un facteur de tension dans un panorama politique national déjà passablement décomposé. Dans limmédiat, il faut se demander si la reprise des cours par le corps enseignant dOaxaca, prévue pour aujourdhui et si attendue par les autorités fédérales, pourra être menée à bien, au milieu dun environnement social exacerbé par la présence de blindés anti-émeutes. En ce qui concerne lAPPO, la destruction des barricades, la « récupération » des édifices publics, la persécution, les morts, les agressions physiques et lévacuation du zócalo dOaxaca ne serviront à rien sinon à renforcer les raisons dêtre de ce mouvement.
Enfin, si avec cette escalade répressive on cherchait à paver le chemin de Felipe Calderón à la présidence, il se peut que le gouvernement fédéral obtienne le résultat inverse. Avec des décisions si maladroites et insensibles, le foxisme pourrait provoquer dans les 32 prochains jours quil lui reste une déstabilisation sans précédent. Il a réussi et ce pour la troisième fois après les interventions des forces fédérales à Lázaro Cárdenas et à Texcoco-Atenco à se tacher les mains de sang.
* Carlos Abascal Carranza, secrétaire du gouvernement (secretario de gobernación), équivalent d'un Premier ministre