Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
Limpasse nucléaire en Iran :
réévaluation avant le compte à rebours final
Longtemps après que les États-uniens auront quitté le sol irakien, que nous aurons découvert des sources dénergie alternatives et que les réserves en hydrocarbures du Moyen-Orient auront été épuisées, les conséquences de lintervention états-unienne en Irak en mars 2003 continueront toujours de hanter la région. Laccord Sykes-Picot, signé après la Première Guerre mondiale, a modelé lhistoire et la géographie du Moyen-Orient. Ses conséquences se font encore sentir aujourdhui. Les effets des politiques menées par les États-Unis dans la région durant cette première décennie du 21ème siècle seront certainement toujours visibles à la fin du siècle. Lagitation en Irak se répandra jusquà ce que le monde Arabe sy engouffre, du Golfe perse à la Méditerranée. On a souvent tendance à se concentrer sur les conséquences immédiates dun événement cataclysmique ; malheureusement les effets à long terme sont souvent insoupçonnés au moment de la catastrophe.
Le général Vinod Saighal
Lors de son intervention à la conférence Axis for Peace 2005.
Telle est la situation en Irak en 2006. LIran, Israël et les États-Unis ont été engloutis dans ce bourbier, dune telle manière quil leur sera difficile dopérer des changements significatifs dans leurs politiques régionales et nationales sans affecter dautres pays. Alors quune offensive terrestre en vue de destituer le régime Iranien nest plus envisageable en raison de lengagement des États-Unis en Irak et en Afghanistan, les frappes aériennes semblent être devenues la seule alternative possible. Les attaques aériennes par les forces israéliennes ou états-uniennes visant à détruire systématiquement les centres de recherche, de développement, de maintenance et de formation en matière nucléaire, ainsi que de fabrication de missiles, pourraient retarder de plusieurs années le programme nucléaire iranien. Une attaque états-unienne aurait aussi pour objectif une destruction systématique des capacités de riposte iraniennes. En effet la plupart des chercheurs pensent que lIran riposterait violemment, avec tous les moyens pouvant être mis en uvre pour porter atteinte aux intérêts états-uniens et à lapprovisionnement en pétrole du Moyen-Orient.
Après le cinglant discours anti-russe prononcé par le vice-président Dick Cheney lors dune conférence à Vilnius en Lituanie, la question posée par les politiques et les chercheurs russes est la suivante : les États-Unis ont-ils déclaré une nouvelle guerre froide à la Russie ? Il se pourrait que le changement de point de vue de Washington sur la Russie ait été provoqué par les politiques extérieures assertives de Moscou. On est bien loin des relations de simplicité entretenues entre les présidents Bush et Poutine lors de leur première rencontre, il y a six ans. Moscou a défié Washington au sujet de lIran, a rejeté ses propositions de sanctions contre Téhéran, permettant la construction de la première centrale nucléaire iranienne et refusant de revenir sur sa décision de vendre à lIran des missiles antiaériens pour la somme de 700 millions de dollars. En raison de la demande mondiale en pétrole et gaz toujours plus importante, la Russie utilise audacieusement les ressources énergétiques comme une arme politique laidant à asseoir sa mainmise sur les pays de lex-URSS et à sinstaller sur les marchés européens. De même, la Russie a fermement rejeté la demande de lOccident de renoncer au monopole du gouvernement sur les oléoducs et douvrir ses ressources énergétiques aux entreprises étrangères.
Garder lIran sous son aile consisterait en un effort clé pour la Russie. Cette dernière aurait finalisé une vente de missiles aériens à lIran dune valeur de 700 millions de dollars. Bien que ladministration Bush ne se soit pas montrée très critique au sujet de cette vente de missiles, les planificateurs du Pentagone et de lUS Centcom (Commandement central militaire états-unien) en auraient pris note. Malgré la pression internationale concernant leur programme nucléaire, les Iraniens se montrent de plus en plus agressifs, principalement sur le plan verbal, envers Israël et les États-Unis. Alors que ni la Chine ni la Russie nont voulu sengager et que les États-Unis se préparent inexorablement pour lépreuve de force finale en Iran, la Russie est impliquée dans un double jeu complexe. Sans aucun doute, le déploiement des missiles aériens Tor-M1 aidera considérablement à la protection des installations nucléaires iraniennes.
Le transport du pétrole de la Mer Caspienne vers les États-Unis, Israël et les marchés européens avait comme objectif de réduire la dépendance vis-à-vis des producteurs de pétrole de lOPEP situés au Moyen-Orient. La présence intensifiée des forces états-uniennes dans la région sexplique par deux facteurs : le fait que cette région soit prise en sandwich entre deux des plus gros fournisseurs de pétrole au monde - lIran qui est membre de lOPEP et la Russie qui ne lest pas - et le fait que loléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan traverse des régions de haute instabilité politique. Ces facteurs ont augmenté le sentiment de vulnérabilité à la fois en Iran et en Russie. La politique de Washington a été critiquée au motif quelle aurait encouragé la polarisation des politiques régionales. Lengagement croissant des États-Unis dans la région caspienne ainsi que limportance géopolitique du projet Bakou-Ceyhan ont mené à un rapprochement entre la Russie, lIran et lArménie impliquant également une solidification de lalliance stratégique entre lAzerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie et les États-Unis. Pour ces derniers, la question ne concernait pas la viabilité commerciale du trajet de loléoduc Bakou-Ceyhan. Lidée était de construire un corridor dacheminement entre lEst et lOuest, qui pourrait se développer dans le futur avec des voies ferrées, des réseaux de communication ainsi que des autoroutes, menant par la suite à la connexion des économies de certains pays du sud de lex-URSS aux marchés mondiaux. Parce que du point de vue de Washington le projet Bakou-Ceyhan était un problème dune portée beaucoup plus géostratégique quéconomique, la Turquie en a bénéficié aux dépends de lIran, qui proposait pourtant le trajet le plus court et le moins coûteux pour acheminer le pétrole vers les marchés globaux depuis les républiques caspiennes.
Avant linvasion états-unienne de lIrak, lambition irakienne dans le Golfe était tempérée par les pays arabes limitrophes. Aujourdhui, Téhéran et Washington se trouvent être les seuls acteurs impliqués, car lIrak nest plus le contrepoids de lIran. Par conséquent les pays arabes ont tendance à se reposer davantage sur lOccident. Sils rejetaient lOccident, ils craindraient que lIran ne gagne ladmiration de nombreux pays qui désapprouvent les politiques états-uniennes. En plus des communautés chiites du Moyen-Orient, lIran pourrait alors profiter de la compassion des habitants des pays arabes en raison de leur défiance vis-à-vis des États-Unis et de ses alliés occidentaux.
Ladministration iranienne continue dadhérer à lhéritage de lAyatollah Khomeiny sur la suprématie du clergé chiite à travers lexercice du pouvoir (« velayat-e-mutlaqhe faqih ») ainsi quà une position fermement anti-états-unienne et anti-israélienne. Khomeiny sétait exprimé, de façon prémonitoire, sur linévitabilité dune confrontation entre lOccident et lIslam.
La présence des forces militaires états-uniennes dans la région pourrait se répercuter, si ce nest déjà fait, sur la sécurité des futures routes dapprovisionnement énergétique. Un nouvel élément a aussi été entré dans les calculs prévisionnels. De lAfghanistan à lAsie centrale et du Caucase au nord du Moyen-Orient, du point de vue de Washington, lIran reste le pays de cette région qui a le plus gros potentiel pour propager lIslam radical et les armes nucléaires [1]. Cest pour cela quen dépit de la pression des compagnies pétrolières états-uniennes pour lever lembargo sur Téhéran, qui veut devenir le couloir principal dexport du pétrole et dessence dAsie centrale, ladministration Bush ne tient pas à assouplir sa position sur le rôle iranien dans la région. La construction de loléoduc Bakou-Ceyhan, destiné à lexportation du pétrole depuis lAzerbaïdjan et lAsie centrale, avait pour principal objectif dexclure lIran et de faire de la Turquie un acteur majeur de la région.
Téhéran craint que lAzerbaïdjan prospère et indépendant soit un modèle malvenu pour la grande communauté azérie dIran. Le conflit au sujet du statut légal de la région caspienne, et le fait que lIran se soit joint à la Russie pour soutenir lArménie dans son conflit avec lAzerbaïdjan concernant le Nagorno-Karabakh, sont des raisons contribuant à léchec des relations. En conséquence, lIran na pas réussi à protéger une partie du pétrole de lAzerbaïdjan. Ceci a servi la campagne turque qui visait à construire la ligne entre Bakou et le terminal méditerranéen turc à Ceyhan. Moscou et Téhéran semblent avoir établi une alliance stratégique pour résister à lhégémonie états-unienne dans la région caspienne. Les ventes de matériel militaire très importantes de la Russie à lIran font partie de la coopération stratégique et militaire croissante entre ces deux pays.
En ne se laissant aucune place pour manuvrer, lIran et les États-Unis se sont mis dans une impasse. Les intérêts communs qui auraient pu être à la base dune négociation disparaissent à une vitesse considérable. Des opinions inconciliables émergent. Les principaux décisionnaires des deux pays sactivent à exacerber leurs différends. Le président iranien Ahmadinejad, a eu tendance à afficher une rhétorique au ton presque fiévreux, bien que les décisions de lAyatollah Khameni prévalent sur les siennes. Que son discours ait été mal retranscrit, ou que ses propos aient été déformés, il nempêche quil est perçu comme ayant appelé publiquement à lanéantissement dIsraël [2]. Bien que sa lettre adressée au Président G. W. Bush soit une demande dintrospection digne dattention et pourrait être interprétée par certains comme une tentative sérieuse pour réduire les divergences, elle noffre aucune proposition concrète au gouvernement états-unien [3]. Ses déclarations montrent quil choisit de façon délibérée daller de provocation en provocation, en exagérant souvent les capacités iraniennes.
Pourtant, il pourrait essayer de renforcer sa position en tant que leader de lIran, ou de projeter un fait accompli iranien dans le domaine nucléaire. Une troisième éventualité est que le président iranien cherche à déclencher un conflit en provoquant les États-uniens et les Israéliens pour quils attaquent lIran. Elle est peu probable : M. Ahmadinejad nest pas sans savoir que dans le cas dune confrontation militaire inconditionnelle, lIran serait facilement battu et ses capacités nucléaires et militaires seraient retardées de plusieurs années, voire décennies. Le président Ahmadinejad semble pourtant être prêt à accepter un renversement de situation majeur pour lIran, non seulement dans lespoir que ce processus unifie tous les Iraniens derrière lui, mais aussi quil le projette comme le leader incontesté du monde musulman dans sa guerre contre les États-Unis. Ainsi, il supplanterait les plus grands leaders arabes, tous des sunnites, qui se battent pour décrocher ce titre, notamment des personnalités comme Abdel Gemal Nasser ou Saddam Hussein.
Dans une large mesure, Bagdad est déjà contrôlée par lIran ; cependant les Iraniens hésitent à se mettre prématurément à découvert en prenant ouvertement linitiative. La possibilité que la capitale irakienne soit bientôt entre leurs mains permet aux Iraniens, et particulièrement à M. Ahmadinejad, de caresser le rêve dune ascendance morale sur tous les musulmans, en rétablissant le grand califat de Bagdad à la manière dHaroun al Rashid jadis. Dès lors, ce ne serait quune question de temps avant que La Mecque ne tombe également sous leur coupe. Grande stratégie ou Grande illusion : seul le temps le dira.
Sur lautre versant de la querelle Iran - États-Unis, George W. Bush se trouve aux commandes du pouvoir. Les Iraniens ont clairement échoué dans leur calcul en sous-estimant le président états-unien ainsi que les forces qui lui ont permis daccéder à la Maison-Blanche en janvier 2001 et une seconde fois en janvier 2005. En attisant la crise jusquà son explosion en 2006, ils auraient été clairement influencés par les revers apparents des États-Unis en Irak ainsi que leurs difficultés croissantes face à la réémergence des talibans en Afghanistan. Sans aucun doute, le tigre états-unien a été blessé en Irak au point de ne pas pouvoir consolider ses gains dans le pays. Néanmoins, comme il a été mentionné lors dun autre forum en novembre 2005 [4], les échecs états-uniens ont été exagérés par les adversaires de George W. Bush. En réalité, si lon adopte un point de vue davantage à long terme sur leur entreprise géostratégique au Moyen-Orient, les États-Unis ont connu dadmirables succès à certains égards. Au grand minimum, les principaux partisans de la seconde invasion de lIrak en mars 2003 ont tiré de généreux profits du projet et pourraient continuer à le faire pendant longtemps encore. Dans des écrits plus anciens [5] il avait été noté que linvasion états-unienne de lIrak avait été décidée peu de temps après que George W. Bush se soit installé dans le fauteuil présidentiel. À peu près au même moment, lIran fut inclus dans la liste des pays formant « lAxe du Mal ». À ce moment-là, lIran devait tomber. LIran, selon toute vraisemblance, va tomber. Les États-Unis cherchaient un casus belli plausible. Les Iraniens en ont apporté un à George W. Bush, presque sur un plateau. M. Ahmadinejad et ses soutiens commettraient une grave erreur en supposant que la faible popularité du président états-unien le force à changer de cap. Le président Bush et son équipe, notamment le vice-président Dick Cheney et lex secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, ont été accusés davoir bâclé lintervention en Irak. On dit quils ont gagné la guerre pour finalement perdre la paix. Leurs adversaires ont mal compris la hiérarchie présidentielle. George W. Bush nest pas un lâcheur. Il sest déjà exprimé sur la Troisième Guerre mondiale et la longue guerre ouverte contre le terrorisme mondial. George W. Bush fera tomber lIran avant que son deuxième mandat ne touche à sa fin. Sauf un séisme politique aux États-Unis en fin dannée, lattaque de lIran par les États-Unis est une quasi-certitude. Cette fois-ci, George W. Bush et son équipe espèrent mieux sen tirer. Ils auront tiré les leçons des erreurs commises en Irak. Cette fois-ci, ils veulent en sortir comme les vainqueurs indiscutables. La nation iranienne sera pulvérisée dans la foulée, pour quil ne subsiste pas de doute dans lesprit de quiconque sur lissue de la confrontation. Si le président des États-Unis décidait, contre tous les avis provenant de diverses directions, de frapper lIran, le parti républicain auquel il appartient ainsi que les Démocrates se rangeraient derrière lui comme ils le firent après le 11 septembre. Et la nation états-unienne ferait de même. À ce moment-là, le taux de popularité du président états-unien pourrait de nouveau franchir le seuil des 50 %. George Bush ambitionne de sortir de la Maison-Blanche en vainqueur.
Il peut uniquement sauver sa gloire déjà diminuée en obtenant un succès en Iran. Les Iraniens ne doivent pas lui offrir une telle occasion. Au nom de la survie de leur nation, les dirigeants iraniens devraient faire marche arrière face à la détermination états-unienne de ne pas les laisser sen tirer avec une nucléarisation, officielle ou non. Revenir sur ses positions nest pas un prix trop important à payer à ce stade de lhistoire iranienne, étant donné le coup mortel porté à la civilisation babylonienne dont lIran faisait également partie par le passé. La civilisation iranienne est un héritage précieux pour lhumanité. Il ne tient quaux dirigeants iraniens de la sauver de la force brute qui peut être déchaînée contre elle par lhyperpuissance états-unienne. Les sages iraniens doivent conseiller les dirigeants en conséquence. La Chine et la Russie rendraient un très mauvais service à leur ami du jour, lIran, en gonflant artificiellement son assurance et en ne se joignant pas à lappel lancé par les États-Unis demandant à lIran de mettre fin à sa capacité nucléaire. Les amis de lIran ne seraient pas capables de tenir tête aux États-uniens et à lOccident en cas de confrontation militaire. Le fait dencourager lintransigeance de lIran à ce stade serait très mal avisé.
Israël na plus la supériorité militaire écrasante sur ses voisins comme cétait le cas au plus fort de la Guerre froide et peut-être jusquau début du 21ème siècle. Après son échec au Liban, Israël na plus la capacité dagir individuellement contre un pays de la taille de lIran. En faisant abstraction de la dimension nucléaire, lIran serait en mesure de rendre la pareille, dune façon ou dune autre. En fait, tandis quAhmadinejad a haussé le ton à lencontre dIsraël, ce dernier a étonnamment mesuré ses propos. LIran a dorénavant une influence beaucoup plus importante sur les deux flancs dIsraël, par le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza. Cette influence va inévitablement croître et pourrait avoir pour conséquence une augmentation de lapprovisionnement en armes sophistiquées pour les ennemis dIsraël. Grâce aux recettes pétrolières en hausse, lIran serait également enclin à soutenir les capacités militaires de la Syrie.
Simultanément, la planification par Israël de la neutralisation des capacités iraniennes poursuivrait son cours, discrètement mais sûrement. Bien que les États-Unis aient une meilleure capacité en termes de renseignement contre lIran que jamais auparavant, laide israélienne à cet égard serait essentielle. Israël a eu le temps de renforcer les milices kurdes du Nord de lIrak, tout comme sa capacité de renseignement contre lIran, surtout au Nord-Ouest. Au finale, Israël sait que sil faut soccuper du cas de lIran, le plus tôt sera le mieux. Si laction devait être reportée, le temps jouerait pour lIran et non pas pour Israël. Donc, si une action militaire contre lIran devait être entreprise durant le mandat de George W. Bush, Israël y serait pour beaucoup dans cette décision.
En dépit du fatras dopinions exprimées au sujet des options possibles pour les deux camps, les Iraniens commettraient peut-être une erreur en poussant les États-Unis à prendre des mesures extrêmes. Si les États-uniens décidaient de frapper lIran, ils opteraient pour un coup fatal. Lidée ne serait pas de faire reculer le programme nucléaire iranien de quelques années. Les États-uniens, sils devaient se décider à mettre le paquet, ont les moyens technologiques dannihiler lIran comme nation civilisée pour les décennies à venir. Les tentatives dintimidation initiées par le président iranien, et destinées en réalité à dissuader les États-Unis dattaquer en démontrant les capacités de riposte de lIran, ne feront que garantir une offensive totale des États-Unis. Elle se fera à bâtons rompus. Ni les achats darmes à la Russie, ni une aide clandestine de la Chine ne pourraient sauver les Iraniens. Si lIran sombrait complètement, cela nempêcherait pas les Arabes ou les nations musulmanes sunnites de dormir. Les Iraniens seraient bien avisés de faire marche-arrière. Dans dix ou vingt ans, cela ne fera pas de grosse différence si les successeurs des régimes iraniens ont des armes nucléaires ou pas. Le monde lui-même aura changé au-delà du reconnaissable, tourmenté par des cataclysmes environnementaux dont les effets, bien que sétalant devant les yeux de lhumanité, ne sont pas pris en compte avec lurgence nécessaire. Lhomme est toujours un loup pour lhomme, chaque nation avance pour elle-même, jusquau jour où le déclin planétaire deviendra irréversible.
À ce moment de son histoire tumultueuse, lIran a besoin dêtre dirigé par un Khatami et non pas un Ahmadinejad pour le sortir de la confrontation avec les États-Unis et leurs alliés de lOccident. Ces derniers ont des ressources infinies en comparaison de lIran, ainsi que le soutien, tacite ou ouvert, de plusieurs pays. LIran est littéralement sans ami. Lorsquil en aura besoin, personne ne viendra à son secours. Pour les Iraniens, actuellement, la discrétion est certainement lattribut le plus précieux du courage.
NOTE
Général Vinod Saighal: Ancien directeur général de la formation militaire de larmée indienne. Il fut attaché militaire dambassade en France et au Bénélux, et commandant en chef de forces de maintien de la paix au Proche-Orient. Il est aujourdhui fondateur du Movement for Restoration of Good Government (MRGG) et directeur de lEco Monitors Society (EMS). Auteur de nombreux ouvrages de stratégie et danalyse politique, il a récemment publié Dealing with Global Terrorism : The Way Forward. Il est membre de la conférence mondiale anti-impérialiste. Axis for Peace