Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
Le Liban va au-devant dun conflit
Apparemment, le Liban va au-devant dun conflit. Le Hezbollah exige un gouvernement dentente nationale et pour donner plus de poids à sa revendication, il menace le gouvernement détendre les manifestations exigeant des élections anticipées. Les manifestations de rue sont un cauchemar pour la plupart des Libanais. Victimes de la violence depuis plus de trois décennies, ils savent quelle ne peut quentraîner la violence et attiser les haines.
Des centaines de milliers de Libanais venus de toutes les régions du pays se sont rassemblés dans le centre de Beyrouth pour y organiser une manifestation demandant la démission du gouvernement de Fouad Siniora. Elle traduit le mécontentement du peuple face à une grave crise entre lopposition et le gouvernement. La raison principale est peut-être à chercher dans le désaccord sur la politique à mener face aux deux camps qui se reprochent mutuellement dêtre soumis à létranger. Le gouvernement soupçonne les partis dopposition le Hezbollah, le Mouvement Amal, AlMerdah et le Courant patriotique libre dêtre à la botte de laxe Syrie-Iran tandis que le gouvernement Al-Mustaqbal, Forces Libanaises, Phalange, Parti socialiste révolutionnaire se voit accusé de faire le jeu des Américains au Proche-Orient.
Le conflit sest aggravé lorsque les ministres chiites ont démissionné. Ils accusaient le gouvernement de privilégier certains partis quand il sagissait de prendre des décisions. Aussi lopposition et ses partisans ont-ils demandé la démission du gouvernement. Selon elle, celui-ci na plus de légitimité puisquune des communautés religieuses les plus importantes, les chiites, ny figure plus. Cependant, le gouvernement na pas démissionné. Il a poursuivi son travail et a pris des décisions fatales comme celle de la création dun Tribunal international.
Bien que les deux camps cherchent des soutiens et des partisans appartenant à diverses communautés religieuses et à plusieurs régions, la religion continue dêtre la raison principale de cette guerre. Il sagit surtout du conflit entre chiites et sunnites qui ne maîtrisent parfois plus la situation: Lors dune rixe entre jeunes militants dAl Mustaqbal et dautres du Mouvement Amal dans le quartier Qasqas de Beyrouth, plusieurs personnes ont été blessées et un jeune homme, Mahmoud Ahmed, a été tué.
Depuis 50 jours, la situation dans la capitale na pas changé. Jour et nuit, il y a des sit-in et les manifestations quotidiennes de lopposition en face du Grand Sérail, siège du gouvernement. Les manifestants réclament la démission du gouvernement. De son côté, le gouvernement continue à se réunir et à accueillir quotidiennement des représentants du peuple jouissant dune grande popularité, représentants qui soutiennent le gouvernement et condamnent les manifestations. Pendant ce temps-là, le Liban perd tous les jours des millions de dollars parce que léconomie de Beyrouth est paralysée. Depuis quil y a des sit-in, les magasins, les restaurants et les cafés sont fermés. Les propriétaires ont fait faillite et leurs employés sont au chômage.
Le gouvernement ignore les sit-in de lopposition et sefforce de mettre un terme à la crise. De son côté, lopposition na pas de programme politique, économique et social pour sauver le pays. Pour le sortir de limpasse, le gouvernement entre en conflit avec la conférence de Paris III tandis que lopposition a enfin réussi à faire en sorte que les syndicats rassemblent, le 9 janvier, des centaines de sympathisants devant le ministère des Finances afin de protester contre le projet de budget du gouvernement pour lannée en cours. Ainsi, grâce à la Conférence de Paris III, on a essayé daider le Liban.
Lopposition a soutenu la manifestation des syndicats et, en contrepartie, elle a invité les sympathisants à soutenir le mouvement antigouvernemental. On sait quau Liban, les syndicats ne mènent pas de luttes traditionnelles. Comme toutes les autres institutions libanaises, ils dépendent des communautés religieuses et de leurs adhérents, surtout dans des régions administrées par la Syrie. Il est probable que les deux camps instrumentalisent les syndicats. On sait que, depuis la guerre au Liban, les syndicats nont pas joué un rôle positif. Par exemple, le salaire minimum, qui est assez bas depuis des années, est resté le même.
Craignant des critiques des communautés religieuses, certains syndicats ont refusé de participer aux manifestations pour éviter des protestations de ces communautés et des réactions des autorités libanaises. Mais la plupart des syndicats continuent de faire la grève devant de nombreux ministères et dautres institutions gouvernementales pour réclamer une modification du budget adopté par le gouvernement car, à leurs yeux, il a été établi par un gouvernement illégitime qui ne représente pas tous les Libanais. Il en va de même des autres décisions.
Donc aussi bien le gouvernement que lopposition se trouvent en difficulté. Pour sauvegarder la paix civile et éviter des clivages religieux à cause de certaines influences nationales et internationales, les deux camps doivent faire des concessions. Si le pays seffondre, tout le monde sera perdant.
Dun autre côté, le 16 janvier, la majorité de lAlliance du 14 mars a accusé certains groupuscules qui sont en contact avec les Services secrets syriens de faire de la contrebande darmes à destination du Hezbollah dans lintention de déstabiliser le pays.
LAlliance, qui soutient le gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora, a fait savoir dans un communiqué de presse que cette contrebande darmes en provenance de Syrie vise à «déstabiliser» le Liban. Elle est interdite par la Résolution 1701 du Conseil de la Sécurité.
Dans le communiqué, on peut lire: «Nous attirons lattention de la Ligue Arabe et des Nations unies sur ces pratiques persistantes du régime syrien au Liban. [ ] Des troupes qui entretiennent des contacts directs avec les Services secrets syriens transportent les nouvelles livraisons darmes et les distribuent dans des zones sensibles du Liban, surtout dans louest de la Bekaa, à Rachaya et dans certaines régions du Mont Liban.»
La Résolution 1701 a mis fin lété dernier à la guerre de 34 jours entre le Hezbollah et Israël, et a interdit les livraisons illégales darmes au Liban, surtout à travers la frontière ouverte avec la Syrie.
Les troupes de maintien de la paix des Nations unies ont lordre de patrouiller dans les eaux territoriales du Liban pour arrêter des bateaux soupçonnés de livrer au Hezbollah des armes en provenance dIran ou dailleurs.
Le Hezbollah est le seul groupe politique armé du Liban. Il refuse de déposer les armes sous prétexte quil en a besoin pour la lutte contre Israël au cas où il envahirait le Liban.
Une partie de sa stratégie visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora consiste à menacer de bloquer toutes les routes principales du Liban. Le 17 janvier, Mahmoud Qammati, membre du Bureau politique du Hezbollah, a déclaré à la chaîne de télévision Al-Arabiya que lopposition, dirigée par le Hezbollah, envisage «de bloquer les routes nationales du territoire libanais».
Lex-Premier ministre Omar Karami a en outre déclaré que lopposition allait intensifier peu à peu ses manifestations, comme elle la fait le 20 janvier et que les décisions adoptées par lopposition seraient progressivement appliquées à partir du 20 janvier.
Au même moment, le parlementaire Michel Murr déclarait que les manifestations ne voulaient pas dire quil y avait des gens armés dans les rues ou quil y avait un risque de confrontation religieuse.
Le ministre de la Jeunesse et des Sports Ahmad Fatfat a menacé le Hezbollah de faire intervenir les forces de lordre si les manifestants empiétaient sur la liberté des citoyens.