Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
Qui veut payer des milliers de milliards ?
Depuis quelques jours, on assiste à un important changement déchelle dans les données économiques publiées. Alors que lunité du milliard représentait le summum absolu il y a peu, la fin du mois doctobre a marqué le passage incontestable aux milliers de milliards.
La faute en revient au rapport publié par Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, sur limpact économique dici 2100 du réchauffement climatique. Bien sûr, le procédé est criticable car les hypothèses utilisées pour un tel calcul ne reposent que sur des estimations très aléatoires qui ne font pas vraiment consensus au sein de la communauté scientifique. Des prévisions économiques pour un siècle sont forcément très discutables, même les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) sur la croissance ou les exportations à quelques années séloignent souvent fortement de ce qui se passe vraiment au bout du compte. Il est vrai cependant que le FMI a tendance à publier des statistiques qui vont dans le sens des réformes néolibérales quil veut imposer aux forceps, même si la réalité vient contredire par la suite la logique quil défend
Ceci dit, le rapport Stern a estimé que dici la fin de ce siècle, le réchauffement climatique pourrait coûter la bagatelle de 5 500 milliards de dollars, voire davantage si la hausse de température est plus importante que prévu ou si rien nest fait pour prévenir cette tendance lourde au réchauffement. Le Premier ministre britannique, Tony Blair, qui avait commandé ce rapport, sen est emparé pour montrer quil en fait une priorité. Notons quil agit ainsi dans la dernière année dun pouvoir qui restera marqué par un néolibéralisme sans concessions et un soutien indéfectible à la politique ahurissante de son homologue états-unien sur le plan environnemental De la sorte, il pourra apparaître comme lun des premiers ayant alerté lopinion sur ce sujet en passant sous silence que sa politique a participé à laggravation du phénomène dans le monde. Bref, ce rapport plein dopportunisme marque le passage aux milliers de milliards de dollars.
Sans mesurer la somme exacte que cela représente, la plupart des citoyens ont juste retenu quil y a vraiment beaucoup de zéros. Pour lapprécier dans sa globalité, ne faut-il pas le comparer à quelques autres chiffres du même ordre ?
La fortune des plus riches de la planète est toute indiquée pour cela. Le cabinet de conseil Cap Gemini et la banque Merrill Lynch publient chaque année un Rapport sur la richesse dans le monde particulièrement intéressant pour qui apprécie les chiffres vertigineux. Cest ainsi quil y a sur Terre 8,7 millions de personnes dont le patrimoine dépasse la valeur dun million de dollars et le patrimoine cumulé de ces millionnaires atteint 33 300 milliards de dollars. Ny a-t-il pas là une piste à creuser pour commencer à lutter sérieusement pour la préservation de lenvironnement et pour lélimination de la pauvreté ? Un impôt exceptionnel de 30% sur la fortune de ces millionnaires fournirait la coquette somme de 10 000 milliards de dollars
Loin de prélever une part de ces richesses accumulées par quelques-uns pour améliorer les conditions de vie du plus grand nombre, le modèle économique néolibéral, promu par le FMI, la Banque mondiale et les grandes multinationales et soutenu activement par Tony Blair, Jacques Chirac et dautres dirigeants du Nord -, organise exactement linverse. Le mécanisme de la dette, qui en constitue un centre nerveux, a permis dexercer une domination brutale sur léconomie des pays en développement. Il a organisé la captation des richesses naturelles et le transfert de richesses financières colossales des peuples du Sud vers leurs riches créanciers qui figurent sans conteste dans la liste des 8,7 millionnaires citée plus haut. Depuis la crise de la dette au début des années 1980, les remboursements des pays du Sud à leurs créanciers étrangers se sont élevés à environ 6 000 milliards de dollars, soit léquivalent de 11 fois la dette extérieure de ces pays en 1980. Pendant ce temps, cette dette a quadruplé, pour atteindre aujourdhui 2 800 milliards de dollars, ce qui est maximum absolu malgré les annonces retentissantes mais trompeuses de réduction de la dette de la part du FMI et de la Banque mondiale.
Voilà comment, alors que les avoirs des vingt premières multinationales financières atteignent 18 000 milliards de dollars, un être humain sur deux doit survivre avec moins de deux dollars par jour. Ce nest alors pas surprenant dentendre lOrganisation des Nations unies pour lalimentation et lagriculture (FAO) annoncer, fin octobre, que 854 millions de personnes souffrent de la faim, dont 820 dans les pays en développement, et que ce nombre saccroît de 4 millions par an en moyenne. Les modestes objectifs du millénaire pour le développement, parmi lesquels la réduction de moitié du nombre de personnes sous-alimentées dici 2015, ne seront pas atteints. Pourtant, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), 80 milliards de dollars par an pendant 10 ans suffiraient pour garantir un accès universel à leau potable, à une alimentation décente, à une éducation primaire et à des soins de santé de base. Cela fait 800 milliards de dollars en tout que les experts néolibéraux ne parviennent pas à trouver, sourds aux exigences des mouvements sociaux pour lannulation totale et inconditionnelle de la dette extérieure publique des pays en développement, pour labandon des politiques néolibérales dictées par le FMI et pour une répartition équitable des richesses au niveau mondial. Juste 800 milliards de dollars pour éradiquer la pauvreté Mais je mégare. Pardonnez-moi, il ne sagit pas là de milliers de milliards de dollars.