Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
Sauvons le tyran
Lauteur tragique George W. Bush met en scène dans le théâtre du monde la condamnation à mort du tyran Saddam Hussein avec la scène matrice de la pendaison, qui peut être mise en ondes dans les prochaines heures. Cest une tragédie grecque. On en est au tyran qui tue le tyran, et non, bien sûr, au «peuple » tyrannicide ou à quelque justice supérieure. Nous qui sommes contre la peine de mort, à propos de démocratie américaine exportée par les armes, nous qui avons été contre la guerre inventée et injuste contre lIrak, après dix ans de sanctions criminelles contre ce peuple, nous devons dire haut et fort : sauvez le tyran. Pour trois bonnes raisons au moins.
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Parce que le procès ne constitue pas une avancée de la justice internationale, mais réduit le droit international à un torchon. Parce que la sentence naide pas à approfondir le rôle réel du régime de Saddam Hussein mais au contraire annule la vérité historique. Et enfin parce que la peine de mort pour le raïs nest pas un pas en avant vers la pacification de lIrak, mais une descente aux enfers de la guerre civile. Le procès a été une farce dès le début, quand il est devenu la seule justification dune une guerre autrement désastreuse. Où les « termes procéduraux » ont pour le moins chancelé de façon répétée.
A la place dune justice internationale, où le monde aurait jugé les nombreux méfaits de Saddam Hussein, nous avons vu à luvre dabord les troupes doccupation qui lont capturé, puis une cour unilatérale qui a fait le reste. De véritable défense, il ny en a jamais eue : les avocats de Saddam Hussein ont été lobjet dintimidations, ont subi des attentats, quand ils nont pas été assassinés. Souvenons-nous que ce procès sest déroulé à partir de 2005, lannée qui a marqué le début de la fin pour le sort des troupes occupantes anglo-étasuniennes, et pour la violence endémique en Irak. On pouvait juger Saddam Hussein différemment, à travers une cour internationale des Nations Unies, éventuellement à La Haye. Mais les Etats-Unis qui aiment les procès théâtraux, méprisent par contre le Tribunal pénal international. Et même, tout simplement, ne le reconnaissent pas.
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Ainsi la sentence de mort, maintenant confirmée et définitive, apparaît comme une cérémonie hâtive et formelle, cérémonie pour mettre une fois pour toutes une pierre sur lhistoire du régime de Saddam Hussein et ses connivences connexes étasuniennes. Parce que ce régime naurait jamais prospéré sans le soutien des Etats-Unis qui, à lépoque des crimes imputés à Saddam lexécution de 140 chiites à Dujail, le massacre de milliers de kurdes- étaient les premiers alliés du raïs de Bagdad. La vérité cest quil y a au moins un siège vide sur le banc des accusés à côté du tyran : celui de Georges W. Bush et de sa famille pétrolière.
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Nous ne parlons ni dAbu Ghraib ni des 650.000 morts irakiens, selon des estimations récentes et officielles étasuniennes, qui prouvent une responsabilité criminelle autant si ce nest plus grande que celle attribuée au tyran irakien. Non, nous parlons vraiment des chefs dinculpation pour lesquels Saddam Hussein sera probablement pendu, qui voient comme complices et mandants justement les Administrations étasuniennes. Qui, de fait, si ce nest ladministration Reagan envoya chez Saddam Hussein, en 1983, le diplomate Donald Rumsfeld, qui ensuite allait devenir ministre de la défense, pour apporter des armes et des systèmes logistiques pour engager lIrak dans une guerre épuisante contre le terrible Iran des ayatollahs ? Nétait-il pas sous-entendu et explicite, comme le révéla April Glaspie lambassadrice étasunienne à Bagdad, immédiatement défenestrée après ses déclarations, quaprès lengagement anti-iranien, qui avait coûté des millions de morts, il y avait une certaine « légitimité » dans la prétention irakienne sur la « province du Koweït » ? Qui, si ce nest des entreprises darmement étasuniennes et européennes, fournît des armes létales de destruction massives, des gaz et des armes chimiques, pendant cette période, au tyran irakien ? Au point quensuite, dans les années 91, les services secrets étasuniens récupérèrent les installations fournies en les démantelant au nom de lOnu ? Qui si ce nest Bush père, quand les sociétés pétrolières Us devinrent les principaux acquéreurs du pétrole irakien, empêcha en 1988, dans un de ses premiers actes publics, par un veto, les sanctions du Congrès Us contre lIrak pour usage des gaz à Halabja ? Qui, si ce nest Bush père, arrêta linvasion de lIrak en 1991 devant les marais de Bassora, préférant garder Saddam Hussein (« notre fils de pute ») plutôt que les infidèles chiites pro-iraniens qui, à lépoque, sétaient insurgé, sûrs du soutien étasunien ?
Enfin, sur le destin du corps de Saddam Hussein se joue le résidu de possibilité de pacifier lIrak désormais engouffré dans une guerre civile pour la partition du pays qui fait plus de cent morts par jour. Pendant que les chiites exultent, les sunnites couvent une rancur à venir et vont grossir les rangs des insurgés. Et Al Qaeda, ennemi juré du régime séculaire du raïs, exulte. Et le président irakien, le kurde Talabani, voudrait le garder en vie pour que justice soit faite, mais pour les crimes contre les kurdes. Quand la sentence de mort sera exécutée et que Saddam sera promu au rang de « martyre », le sillon creusé dans les âmes du peuple irakien sera plus profond quune blessure mortelle.