Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
Sur la défensive en Europe, la Russie passe à loffensive au Moyen-Orient
Le maître du Kremlin sest en effet lancé dans une violente diatribe antiaméricaine, accusant les États-Unis de vouloir imposer un monde unipolaire et la politique américaine dêtre à lorigine de nombreux désastres.
Alors que le concept de « guerre froide » a fait un retour en force dans les titres de la presse internationale, il semblerait plutôt que la politique russe relève dune double stratégie. La première serait une réaction à la montée de linfluence américaine en Europe de lEst. La seconde viserait à profiter des échecs américains au Moyen-Orient, pour accroître linfluence russe dans cette région.
Le discours de M. Poutine semble ainsi sinscrire, dabord, dans le cadre dune tentative de la Russie de contenir sa perte dinfluence en Europe de lEst et lavancée américaine conséquente.
Le dernier sujet daccrochage entre Moscou et Washington concerne la volonté des Américains dinstaller un bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque, cest-à-dire aux portes de la Russie. Washington assure que ce bouclier est dirigé contre des pays tels lIran ou la Corée du Nord et ne représente en rien une menace pour la Russie. La réponse russe a néanmoins pris la forme dune menace, celle de sortir dun traité américano-soviétique signé en 1986, qui prévoit lélimination et linterdiction permanente dune classe entière de missiles balistiques américains et soviétiques.
À ce dernier point de fixation, il faut ajouter le basculement à lOuest de nombreuses anciennes républiques soviétiques, de lUkraine à la Géorgie, ainsi que le dossier du Kosovo, dont le statut devrait être prochainement discuté au Conseil de sécurité. À ce sujet, la République fédérale de Russie, qui redoute par-dessus tout un effet de contamination des revendications indépendantistes, a averti que « loctroi de lindépendance » au Kosovo aurait « les conséquences les plus négatives » pour les Balkans et « lEurope dans son ensemble ». Sur la défensive en Europe, la Russie est aussi passée à loffensive au Moyen-Orient. Il y a une semaine, le président russe a effectué une tournée moyen-orientale visant précisément les principaux alliés des États-Unis dans la région : la Jordanie, le Qatar et lArabie saoudite. Visite au cours de laquelle il a multiplié les attaques verbales contre Washington, notamment en ce qui concerne la gestion des conflits régionaux.
La visite de M. Poutine à Ryad est particulièrement intéressante car elle intervient alors que des divisions semblent apparaître au sein de lestablishment saoudien au sujet des relations entre le royaume et les États-Unis. Selon certains analystes, deux clans sopposent désormais en Arabie saoudite. Dun côté, celui du prince Bandar ben Sultan, proche de lAdministration Bush, de lautre, celui des « colombes », incarné par Turki al-Fayçal. Une occasion pour le chef du Kremlin davancer ses pions pour la gestion des dossiers régionaux, notamment iranien.
La Russie entretient en effet des relations proches avec la République islamique. En 1995, les deux parties ont signé un accord pour la construction dune centrale nucléaire iranienne à Bouchehr, dont lassemblage du réacteur par des experts russes devrait bientôt débuter. Parallèlement, un responsable russe a annoncé, en janvier dernier, que Moscou respectait le calendrier de ses ventes darmements antiaériens à lIran et à la Syrie. De quoi irriter les États-Unis.
Sur le dossier israélo-palestinien, cher à Washington, Moscou tente également une percée. Juste avant son départ de Jordanie, le président russe a en effet rencontré Mahmoud Abbas, à qui il a réaffirmé son soutien.
Par rapport aux États-Unis, engoncés dans des positions de principe rigides, notamment concernant le Hamas, Moscou pourrait tirer les bénéfices de sa flexibilité. Tout en soulignant la nécessité pour le Hamas de reconnaître lexistence dIsraël, Moscou ne cesse de rappeler que le parti islamiste a été démocratiquement élu. Symbole de la différence dapproche entre Moscou et Washington, alors que Poutine appelait, la semaine dernière, à des avancées concrètes lors de la rencontre Abbas-Olmert prévue aujourdhui, la secrétaire dÉtat américaine, Condoleezza Rice, pourtant à lorigine de ce sommet, indiquait que le rapprochement entre le président palestinien et le Hamas compliquait la donne.