Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
Au sujet de la politique extérieure des Etats-Unis pour lAmérique Centrale, malgré les divergences mises en avant par les élites politiques nord-américaines, il existait une unité dapproche. Le point de départ était du domaine de la géopolitique. Il consistait à affirmer que les Etats-Unis avaient le droit dintervenir dans leur arrière cour. A lintérieur de ce cadre théorique fondamental se développaient deux approches qui divergeaient dans leurs méthodes daction mais qui convergeaient dans leurs objectifs.
Dans le discours prononcé par le Président Reagan le 27 avril 1983 devant les deux Chambres réunies, il proposa que laide américaine à lAmérique Centrale soit dirigée à contribuer à la démocratisation politique et à soutenir le développement économique de la région. Ces objectifs seraient atteints par le renforcement des armées qui, grâce à la supériorité de moyens, empêcheraient les communistes de continuer à allumer des tentatives révolutionnaires. Les dirigeants du parti démocrate américain affirmaient quils partageaient ces objectifs, mais que lutilisation de la force comme moyen pour les atteindre nétait pas le plus convenable. Ils affirmaient quil fallait sattaquer aux « causes » de la rébellion par la voie de réformes profondes dun système injuste qui aux Etats-Unis ne serait pas toléré.
Ces deux approches, dont la différence tenait surtout à lutilisation ou pas de la force comme moyen de solution des conflits, étaient aussi mises en avant en Amérique Centrale par les quatre groupes les plus importants à lépoque. : Lélite militaire de larmée et celle des commandants guérilleros, qui affirmaient que seule la défaite militaire de ladversaire pouvait amener la paix . Les élites politiques et économiques, qui privilégiaient la voie des réformes sociales et de la pacification par le dialogue. La méthode de « la paix par la force » et la méthode de « la paix par les réformes » sopposaient. Cependant il ne sagissait pas de deux dynamiques distinctes à frontières bien définies. Des liens se tissaient entre les tenants de chacune des deux méthodes.
En effet, les divergences nappartenaient uniquement pas aux populations centre-américaines. Elles traversaient aussi les élites politiques des Etats-Unis. Il est même possible de parler de deux modèles divergents
Le modèle la paix par les réformes
Ce modèle peut être illustré par la politique des Etats-Unis pour lAmérique Centrale mise en place par ladministration Carter. Les relations avec lAmérique Centrale étaient alors encadrées dans une lecture géopolitique à perspective « Nord Sud ». La politique Carter se plaçait sous le signe du respect des Droits de lHomme et de la mission des Etats-Unis dêtre le défenseur de la démocratie.
Léquipe de gouvernement Carter affirmait que, dans les années à venir, la guerre froide nallait plus être la première source de conflits pour les Etats-Unis. Que par rapport aux pays de lAmérique Centrale il fallait faire basculer la bataille militaire sur dautres terrains, par lapplication des moyens suivants : vis-à-vis des gouvernements centre-américains, il sagissait dexercer une certaine pression économique tout en gardant une certaine distance, pendant quune nouvelle élite politique était formée selon les principes démocratiques et libéraux et préparée professionnellement pour gouverner. Vis-à-vis des mouvements révolutionnaires, les combattre avec des moyens militaires exagérés faisait de leurs leaders des « martyrs » tout en nourrissant lardeur des combattants et en faisant monter la température du conflit. Il fallait les combattre par lidéologique en présentant le socialisme comme un contre modèle afin que les mouvements armés perdent le soutien de la population et quils tombent deux-mêmes. Vis-à-vis de la population, il fallait une politique de communication professionnelle pour convaincre la société civile de linutilité de lopposition violente et de la non pertinence du modèle socialiste, et pour lui montrer que lélection des autorités via les élections était le meilleur chemin, sinon le seul accepté, pour réaliser les réformes politiques recherchées.
Le modèle de la paix par la force
Ce modèle peut être illustré par la politique des Etats-Unis pour lAmérique Centrale mise en place par ladministration Reagan. Les relations avec lAmérique Centrale étaient alors encadrées dans une lecture géopolitique à perspective « Est Ouest ». Pour ladministration Reagan il ne sagissait pas dune lutte de la société pour la justice sociale ou pour aboutir à des réformes à lintérieur du régime. Les centre-américains étaient manipulés par le communisme international. Le conflit était le produit dune stratégie soviético-cubaine en vue dimposer un régime communiste dans la région.
Les dirigeants républicains soutenaient que lentente avec lUnion Soviétique nétait quune mascarade du Kremlin destinée à jouer un tour à la Maison Blanche. Pendant que les USA négociaient avec lURSS, le PC soviétique perçait lAmérique Centrale via le sandinisme, au pouvoir au Nicaragua, et soutenait les mouvements de guérilla au Salvador et au Guatemala. Le soutien politique, financier, militaire et logistique fourni par le Pentagone aux gouvernements centre-américains amis avait permis à ceux-ci dimposer un système de répression militaire en toute impunité. Bien que des pratiques utilisées couramment, comme la torture, les massacres, etc. allaient à lencontre des principes démocratiques fondamentaux reconnus et acceptés officiellement par les uns et par les autres, les militaires se justifiaient en disant que cétait le prix à payer pour la « normalisation » de la société. Pour les Etats-Unis il sagissait dempêcher le communisme de semparer de ces pays.
Ces deux positionnements ne sont que « des modèles théoriques ».
Des éléments communs aux deux approches
Nombreux politologues et historiens ont privilégié lanalyse des différences entre la politique de ladministration Reagan et celle de ladministration Carter par rapport à lAmérique Centrale. Il est aussi intéressant de dévoiler les continuités et les articulations de lune par rapport à lautre. Les théories qui soutiennent que les années Reagan ont été les plus meurtries pour lAmérique Centrale alors que les années Carter avaient été les plus heureux peuvent souvrir à une autre perspective danalyse en mettant en lumière des nuances importantes.
Ses deux modèles permettent de comprendre les divergences dapproches au sein de ladministration américaine, ils dévoilent aussi une unité fondamentale : les Etats-Unis étaient persuadés quils avaient lautorité légitime dintervenir dans les affaires politiques internes de lAmérique Centrale, ce qui donnait aux luttes centre-américaines une dimension géopolitique. Deux remarques peuvent être faites:
Dune part, la politique USA en Amérique Centrale nétais pas « unilatérale » . Celle-ci rencontrait des élites locales avec des intérêts politiques et économiques précis, le plus souvent divisées et en lutte entre elles. Ces élites, ou quelques unes dentre elles, intériorisaient, renforçaient et même utilisaient la stratégie des USA par des mesures damplification, dinterprétations, de détournement, etc. Les USA profitaient des divisions et des luttes internes des élites locales lesquelles, à leur tour, se tournaient vers les USA pour réussir leurs objectifs. Les élites centre-américaines nétaient pas simplement des destinataires de la politique USA, souvent elles contribuent à la construire.
Dautre part, le milieu des élites dirigeantes des Etats-Unis est plutôt complexe. Bien que dans les présentations des relations entre les Etats-Unis et lAmérique Centrale, très souvent les composants de lun et de lautre sont unifiés pour des raisons aussi de compréhension logique, il est convenable de prendre en compte les distinctions, les divergences et les oppositions internes de lun et de lautre. Dans cette perspective il faut expliciter que le fait daborder « les Etats-Unis » ou « lAmérique Centrale » comme étant des unités délimitées et distinctes est aussi un travail de construction conceptuelle. Dans le cas de la présentation de « la politique des Etats-Unis », par exemple, même sil est question dune certaine unité logique, il est question également de convergences et de divergences entre, par exemple, la Maison Blanche et le Congrès ; entre les grandes institutions nationales, telles que le Département dEtat, le Pentagone, la CIA ; entre Démocrates et Républicains, etc. Les relations des Etats-Unis avec lAmérique Centrale dans les années 1980 1990 permettent dapprocher les Etats-Unis non pas simplement dans de termes duniformité et de régularité, mais aussi dans de termes de différenciations, dadaptations aux enjeux, parfois même de concurrence interne extrême.
Cest dans ce contexte complexe, concurrentiel et conflictuel que le Plan Arias à été adopté par les autorités centre-américaines contre le plan Reagan.
Ladministration Bush I : le tournant économique
Après la signature du Traité dEsquipulas II commence à se mettre en place une évolution importante de la politique américaine pour lAmérique Centrale.
En 1990 ladministration Bush exprima son soutien au processus Esquipulas.
Malgré les fluctuations, il est possible détablir un fil conducteur de la politique américaine pour lAmérique Centrale se fondant sur une appréciation politique précise des autorités politiques des Etats-Unis : elles considèrent avoir un droit légitime dintervention dans leur arrière-cour En 1989, dans un célèbre discours devant le Congrès américain, le président Bush a bien exprimé la vision que les Etats-Unis se faisaient de lAmérique Centrale : « Les problèmes de lAmérique Latine et de lAmérique Centrale affectent directement la sécurité et le bien-être de notre peuple. LAmérique Centrale est beaucoup plus proche des Etats-Unis que beaucoup dautres endroits problématiques du monde qui nous intéressent... El Salvador est plus proche du Texas que ne lest le Texas du Massachussets, le Nicaragua est plus proche de Miami, de san Antonio, de san Diego et du Tucson que ces villes ne le sont de Washington ». George Bush, « Central America : Defending Our Vital Interests », Discours devant le Congrès, 29 novembre 1989. Le texte est pris de : State Department Bulletin, 15 décembre 1989, pp. 36-40. Traduction de H. Bauer.
Pour sa politique vis-à-vis de lAmérique Centrale, ladministration Bush avait pris en compte un rapport élaboré pendant ladministration Reagan. Le Président Reagan avait crée en 1983 une Commission Nationale sur lAmérique Centrale, composée de Sénateurs des deux partis, sous la direction de M. H. Kissinger. Leur rapport proposait les bases de la politique des Etats-Unis envers lAmérique Centrale en quatre points. Il sagissait de trouver une solution politique au conflit centre-américain. Pour empêcher la renaissance de mouvements armés, il était convenable douvrir un processus de démocratisation de la région. Puisque la situation économique de lAmérique Centrale était pénible pour la majorité de la population, il sagissait détablir une coopération économique capable de contribuer à empêcher le succès des discours populistes ou des aventures révolutionnaires. Tout cela en préservant lautorité morale des Etats-Unis : il faudrait signer des accords avec les gouvernements centre-américains pour quils déclarent que cétaient eux qui demandaient laide des Etats-Unis. Bien que M. Reagan nait pas donné suite à ce rapport, M. Bush sen est servi.
Commentaire :
Au milieu des années 1990 la politique étrangère des Etats-Unis pour lAmérique Centrale cherchait à favoriser linstauration de modèles politiques démocratiques insérés dans le cadre de léconomie libérale. Le principal objectif des Etats-Unis nétait plus uniquement stratégique, il était aussi économique : ils regardaient les pays de lAmérique Centrale avec les yeux du marché.