Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
Un remake de la guerre du Liban en Palestine ?
Il existe aujourdhui des indications inquiétantes que le projet depuis longtemps caressé de renverser le gouvernement démocratiquement élu de lAutorité palestinienne, dirigé par le Hamas, va entrer dans sa phase la plus dangereuse : un coup dEtat politique appuyé par des milices locales avec un soutien étranger et régional.
Ceci pourrait déclencher de graves violences intra -palestiniennes. LIrak est un avertissement terrible de la façon dont une occupation étrangère peut engendrer un bain de sang interne, aussi tout doit être fait pour faire connaître et contrer cette dangereuse conspiration.
Le chef des services de renseignement de lAutorité palestinienne et dirigeant de la milice du Fatah, Tawfiq Tirawi, a déclaré dans un entretien avec le Sunday Times [1]le 8 octobre : « Nous sommes déjà au début dune guerre civile, sans le moindre doute. Ils (le Hamas) stockent des armes et une guerre civile à grande échelle peut éclater à tout moment. » Larticle cite des sources palestiniennes qui disent que le président de lAutorité palestinienne, Mahmoud Abbas « a notifié les Etats-Unis, la Jordanie et lEgypte quil se préparait à agir contre le Hamas. » Tirawi a affirmé que le Hamas « se préparait à une guerre contre nous », et il « a prévenu que la violence commencerait à Gaza puis sétendrait à la Cisjordanie. »
Les dirigeants du Hamas, y compris le Premier ministre Ismail Haniyeh, ont fait des déclarations rassurantes, affirmant quils ne permettraient jamais une guerre civile, même après quune milice proche du Fatah a menacé explicitement de les assassiner.
Noublions pas que lors des élections législatives de janvier dernier, le mouvement islamique de résistance Hamas, a infligé une défaite cuisante au Fatah, la faction dite nationaliste et laïque fondée par Yasser Arafat, qui a dominé le mouvement palestinien institutionnalisé depuis les années 60.
Le Fatah, dirigé maintenant par le président de lAutorité palestinienne Mahmoud Abbas, a été largement rejeté pour sa corruption et sa mauvaise gestion de lAutorité palestinienne qui a été créée dans le cadre des Accords dOslo en 1994.
Emis une semaine après quau moins une dizaine de Palestiniens ont été tués dans des combats entre partisans du Hamas et du Fatah, les derniers propos de Tirawi peuvent sembler préparer le terrain pour une confrontation planifiée à grande échelle.
En mai dernier, une « source sécuritaire » haut placée du Fatah, déjà Tirawi sans doute, avait déjà dit au même journaliste du Sunday Times que « la guerre civile est inévitable » et que « le temps du Hamas est compté ». Il avait prévenu que « nous choisirons le moment et le lieu appropriés pour la confrontation militaire. Et après ça, il ny aura plus de milice du Hamas. »
Est-ce que ce moment est proche ? Ses sponsors à lextérieur du pays encouragent Abbas à sen prendre au Hamas. Les avertissements de Tirawi ont suivi la visite dans la région de la Secrétaire dEtat américaine Condoleeza Rice, visite au cours de laquelle elle a embrassé chaleureusement Abbas en public.
Le 5 octobre, lAgence Reuters rapportait que des milices loyales à Abbas sont approvisionnées en armes et entraînées par les Etats-Unis. Selon larticle, « renforcer la garde présidentielle », la milice personnelle dAbbas, « de 70%, conformément à un plan américain, est devenu un axe essentiel de la politique américaine depuis que le Hamas a battu le Fatah de Abbas aux élections et sest emparé du gouvernement. »
Cet encouragement apparent à recourir aux balles quand les bulletins de vote nont pas réussi à produire les résultats souhaités est en complète contradiction avec les principes démocratiques les plus élémentaires, sans même mentionner sa totale immoralité. Cest déjà assez terrible comme ça, mais en plus ça ressemble bien à une répétition de la stratégie au Liban où les puissances occidentales pensaient apparemment quelles pourraient utiliser Israël, en tant que membre de leur clientèle locale, pour porter un coup mortel au Hezbollah.
Les résultats humains et politiques de cette aventure, la destruction systématique par Israël du Liban pendant lété dernier, parlent deux-mêmes. Cette fois -ci, Abbas et ses forces joueraient le rôle du client local des Etats-Unis, avec le Hamas dans celui du Hezbollah.
Le seul résultat dune telle confrontation sera une nouvelle flambée de violence sanglante. Et le Hamas en sortirait très probablement renforcé, alors que, parmi les Palestiniens, il ny aura que des perdants.
Il y a toutes les raisons de craindre quon en est au moment où la conspiration va décider de faire directement usage de la force armée, alors que la campagne pour renverser le Hamas sest intensifiée progressivement. Quelques semaines à peine après lélection de janvier, le New York Times rapportait que des responsables américains et israéliens sétaient rencontrés « au plus haut niveau » pour organiser la chute du Hamas en « affamant » lAutorité palestinienne.
Cela a commencé avec larrêt de laide des Etats-Unis et de lUnion européenne, ostensiblement pour contraindre le Hamas à « reconnaître Israël » et « abandonner la violence ». (Lorsquil a été élu, le Hamas observait déjà depuis un an une suspension unilatérale des attaques contre Israël et ses dirigeants avaient donné des signes forts de leur volonté darriver à « un accord de longue durée ».)
Israël a intensifié ses attaques militaires contre Gaza, tuant et blessant des milliers de civils, détruisant les infrastructures civiles, dont lunique centrale électrique. La plupart des Palestiniens narrivent plus maintenant à nourrir leurs familles.
Israël a kidnappé huit ministres du Hamas et un quart des députés élus au Conseil Législatif, pendant que les dirigeants du Fatah narrêtaient pas de mener campagne contre le Hamas, y compris par des grèves et des manifestations organisées par des loyalistes du Fatah chez les fonctionnaires de lAutorité palestinienne, privés de salaire par ce même siège international sur lequel les dirigeants du Fatah ont fermé les yeux et quils ont même encouragé.
Les efforts pour sortir de limpasse politique en formant un « gouvernement dunité nationale » ont également échoué parce que le Fatah, perdant des élections, soutenu par des puissances étrangères, exige que le Hamas, vainqueur des élections, abandonne sa politique et ses principes et adhère à ceux du parti perdant. Pourtant, rien de cela na marché.
Malgré la punition qui lui est infligée, les Palestiniens sous occupation refusent toujours de se soumettre à la tyrannie israélienne : 67% « ne pensent pas que le Hamas devrait reconnaître lEtat dIsraël afin de se plier aux exigences des donateurs internationaux », même si « 63% seraient favorables à une reconnaissance palestinienne dIsraël en tant quEtat pour le peuple juif après la conclusion dun accord de paix et létablissement de lEtat palestinien », selon un sondage réalisé en septembre par le Centre palestinien de Sondage et de Recherche.
Tandis que les incidents violents et les provocations de la part des partisans des deux groupes sintensifient, Abbas envisage de recourir à dautres moyens coercitifs qui seraient un coup dEtat : démettre le gouvernement Hamas, former un gouvernement « durgence » et dissoudre le Conseil législatif, essentiellement formé de membres du Hamas, afin douvrir la voie à de nouvelles élections générales qui pourront être repoussées indéfiniment ou au moins jusquà ce que lon puisse organiser la victoire du Fatah.
Les Palestiniens sont confrontés à un grand danger. Mais, soyons clairs, il ny a pas de menace de guerre civile. Pour les millions de Palestiniens ordinaires qui vivent sous la brutale occupation israélienne, ou qui sont citoyens de seconde zone de l « Etat juif », ou encore forcés à lexil, il nexiste aucun désaccord suffisamment grave pour saffronter, frère contre frère, famille contre famille, dans une guerre civile.
Au contraire, les Palestiniens sont unis dans leur compréhension de ce dont ils souffrent - le colonialisme armé israélien, soutenu et financé par les puissances occidentales. Le danger cest quun coup dEtat armé soit organisé dans lintérêt de ces puissances par une petite minorité, ce qui pourrait entraîner un plus grand nombre de Palestiniens dans des combats internes dont on nose pas penser aux terribles conséquences.
Lerreur la plus grave du Hamas est peut-être davoir sous-estimé la détermination avec laquelle les résultats des élections seraient sapés et attaqués, sils nétaient pas conformes aux intérêts dIsraël et dautres puissances mondiales. La réalité, cest que lAutorité palestinienne nest pas et na jamais été un gouvernement pour le peuple palestinien. LAutorité palestinienne ne reçoit le soutien de lOccident que si elle sert directement et exclusivement ses intérêts et ceux dIsraël.
Elle a été conçue pour protéger loccupation israélienne contre ses victimes. Personne ne pourra la transformer en un corps représentatif qui se bat pour les droits et les intérêts des Palestiniens. Sil veut éviter le piège mortel qui lui est tendu, ainsi quau peuple palestinien, le Hamas devra trahir ou se démettre.
Le Hamas a eu raison dabandonner la campagne dattaques suicides contre les civils israéliens, dobserver une trêve volontaire durable et de se lancer dans la politique. Il devrait maintenant renoncer à saccrocher péniblement au naufrage des institutions dOslo, impuissantes et discréditées. Il devrait au contraire mettre sa popularité considérable, ses talents organisationnels et sa légitimité accrue au service dune campagne globale de résistance civile, en se mobilisant, avec d autres secteurs de la société civile palestinienne et mondiale, contre tous les aspects du colonialisme et du racisme israéliens.
Cest la seule chose quil na pas encore tentée, et cest là que se trouve le meilleur espoir de sortir de ce sombre tunnel.
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Note
[1] hebdomadaire britannique