Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
Une défaite américaine ?
Dans tous les cas de figure, l'Amérique a perdu cette guerre. Imaginons le plus optimistes des scénarios: Oussama Ben Laden a été tué, les talibans renversés sans répercussions majeures sur le plan intérieur et régional, les sources financières du terrorisme asséchées et le réseau d'"Al Qaïda" démantelé. Et bien, malgré cela, le résultat c'est que les Etats-Unis ont d'une certaine façon perdu la guerre dans la mesure où pour la gagner ils ont dû débourser d'importantes sommes d'argent qu'ils ne pourront jamais récupérer. En effet, dans cette guerre d'un genre nouveau, le plus fort est vaincu même s'il réussit à en finir définitivement avec ceux qui lui ont causé le plus de dommages. Prenons le cas de l'anthrax par exemple, même si la police américaine réussit à mettre un terme à l'envoi de lettres contaminées en arrêtant un ou plusieurs activistes, on s'apercevra bien vite qu'un petit groupe de personnes avec des moyens primaires aux coûts très limités ont tout de même réussi à sérieusement déstabiliser la plus grande puissance du monde.
L'Amérique a de toute façon déjà perdu la guerre le 11 septembre, tout d'abord sur le plan économique. Il est en effet pratiquement impossible aujourd'hui d'évaluer les pertes, mais elles sont pour le moins astronomiques et s'inscrivent dans le ralentissement d'une économie qui va inexorablement vers la récession avec ses conséquences sur l'économie japonaise et européenne, ce qui place le monde devant la première crise universelle de ce genre. Ce qui s'est passé oblige à abandonner la conception économique traditionnelle qui voit dans l'offensive américaine actuelle un prétexte pour s'imposer en Asie Centrale et contrôler le tracé des oléoducs en Afghanistan. En effet, des dizaines d'années de domination américaine dans cette région n'effaceront pas ce que représente pour les Etats-Unis la tragédie du 11 septembre.
La défaite politique de Washington est encore plus patente. Il suffit pour s'en convaincre de voir les pots-de-vin que les Etats-Unis ont été obligés de verser et les concessions qu'ils ont du consentir pour construire leur coalition anti-terroriste. Le symptôme de la défaite se manifeste dans ce cas-ci par le ralentissement des ambitions impérialistes américaines. Certes, l'Amérique est encore en position de force mais elle ne peut plus se payer le luxe d'une politique isolationniste tempérée par des interventions réalisées quand bon lui semble.
Dans ces conditions, la guerre dans laquelle se sont engagés les Etats-Unis aujourd'hui n'est pas une réponse au 11 septembre. Ce n'est pas seulement une guerre de vengeance ni de défense. Non, il s'agit d'une guerre pour se maintenir et pour limiter au maximum les dégâts possibles.