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Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?

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L'arabe

L'arabe
 

L'arabe est une langue chamito-sémitique ou afro-asiatique attestée dès le VIIe siècle. Elle fait partie de la branche sémitique avec l'hébreu et l'amharique en Éthiopie. L'arabe doit son expansion à la propagation de l'islam, à la diffusion du Coran et à la puissance militaire des Arabes à partir du VIIe siècle. Ces trois facteurs sont intimement liés au point qu'on ne peut que difficilement les dissocier.

Carte reproduite avec l'aimable autorisation de M. Mikael Parkvall de l'Institutionen för lingvistik, Université de Stockholm. 
1    Arabe dialectal et arabe classique

La langue arabe se présente sous deux formes principales: l'arabe dialectal et l'arabe littéraire (ou classique). L'arabe dialectal résulte à la fois de la fragmentation de l'arabe du VIIe siècle et de la fusion des parlers provenant des conquêtes militaires et des brassages de population des langues sud-arabiques, berbères, africaines, etc. Ces variétés dialectales sont, de nos jours, extrêmement nombreuses et persistent dans tout le monde arabe. L'arabe dialectal est la langue que chacun des 200 millions d'arabophones utilise toute sa vie et qui véhicule toute une culture populaire, traditionnelle et contemporaine. Il est fortement dévalorisé au plan social et est souvent perçu comme «vulgaire» ou «abâtardi». C'est donc une langue exclusivement parlée dont les variétés sont néanmoins rarement incompréhensibles entre les arabophones. On distingue principalement l'arabe algérien, l'arabe égyptien, l'arabe irakien, l'arabe jordanien (levantin), l'arabe libanais (ou syro-libanais), l'arabe libyen, l'arabe marocain, l'arabe mauritanien, l'arabe omanais, l'arabe palestinien, l'arabe saoudien, l'arabe syrien (ou syro-libanais), l'arabe tchadien, l'arabe tunisien, l'arabe yéménite, etc. Cependant, si certaines variétés dialectales sont aisément compréhensibles entre elles (p. ex., l'arabe égyptien et l'arabe libanais), d'autres le sont beaucoup moins (l'arabe algérien et l'arabe jordanien).

Au contraire, l'arabe classique, appelé aussi «arabe éloquent» ou «arabe grammatical», est une langue prestigieuse associée à la religion et à l'écrit, c'est-à-dire à la culture littéraire, à la science et à la technologie et aux fonctions administratives. À peu près aucun Arabe ne parle cette variété d'arabe comme langue maternelle. De très forts liens historiques et idéologiques unissent ces deux formes d'arabe; c'est pourquoi les communautés arabes ont toujours considéré qu'il n'existe qu'une langue arabe. On écrit seulement en arabe classique, bien que l'arabe dialectal puisse théoriquement s'écrire.

2    Les variétés d'arabe et la diglossie

L'enseignement de l'arabe comme langue seconde se révèle très différent de celui des langues européennes comme l'anglais ou le français. En effet, seul l'arabe classique est enseigné, et ce, dans les pays où l'arabe est non seulement la langue officielle, mais la langue de la grande majorité de la population. Pour tous les arabophones, l'arabe qui est enseigné dès le primaire constitue une langue seconde, l'arabe dialectal demeurant la langue spontanée.

Cela signifie que l'apprentissage de l'arabe à l'école constitue un moyen de valorisation sociale au même titre que le sont le français et l'anglais en Afrique noire. On parle l'arabe dialectal en famille, avec ses intimes, dans ses loisirs. Mais on lit les journaux en arabe classique, parfois en arabe intermédiaire, et on n'écrit qu'en arabe classique; l'administration de l'État fonctionne en arabe classique, ce qui n'empêche pas les fonctionnaires de parler l'arabe dialectal entre eux et de rédiger des rapports en français (ou en anglais).

De façon générale, les fonctions de prestige sont remplies en arabe classique, les relations interpersonnelles privilégiant l'arabe dialectal. Sur une population de 200 millions d'arabophones, on estime à 160 millions le nombre d'arabophones ne pratiquant que l'arabe dialectal; c'est donc dire qu'à peine quelque 40 millions d'arabophones connaissent l'arabe classique. Cette élite arabophone est le plus souvent bilingue: elle parle soit le français (le long de la Méditerranée) soit l'anglais (tout le Proche-Orient), parfois les deux (Égypte, Liban, Syrie).

La situation de l'arabe dans le monde s'avère fondamentalement différente de celle des autres grandes langues internationales. Soulignons encore une fois que son aire d'extension géographique est limitée à deux continents limitrophes et que le caractère diglossique de cette langue nuit à l'expansion de sa forme officielle. De plus, l'arabe classique n'a pas réussi encore à se moderniser complètement et sa dépendance à l'égard de l'anglais ou du français demeure très grande. N'oublions pas que l'analphabétisme chronique de certains pays arabophones (Yémen, Qatar, Soudan, etc.) entrave aussi la propagation de l'arabe classique. S'il est relativement aisé de créer des commissions de terminologie en arabisation, il est beaucoup plus difficile de s'organiser pour faire appliquer les décisions. En général, toutes les décisions des commissions de terminologie restent lettre morte, et ce, d'autant plus qu'il est dans la pratique impossible de normaliser les travaux de chacune des commissions nationales, chacune étant jalouse de ses prérogatives.

Toutefois, la force de l'islam dans le monde assure une extension de l'arabe comme langue seconde dans tous les pays où vivent de nombreux musulmans, contribuant ainsi à une certaine unité idéologique du monde arabe. À l'exception du monde arabe, on n'enseigne à peu près pas cette langue dans aucun pays en tant que langue étrangère, sauf dans les universités et départements spécialisés. L'enseignement des langues étrangères semblent être l'apanage de l'anglais, puis du français et de l'espagnol, voire du russe.

3    L'arabe et l'islam

L'arabe doit sa fortune, soulignons-le encore, à l'expansion de l'islam, qui s'est étendu en l'espace de quelques siècles (entre le VIIe siècle et le XIIe siècle), de l'Afrique du Nord à l'Espagne, puis au Proche-Orient et en Asie. C'est ce lien puissant entre une grande religion et une langue qui a contribué à sacraliser l'arabe et à maintenir une unité linguistique à travers le temps et l'espace. C'est pourquoi, dans le monde occidental, on associe facilement l'islam et les musulmans à la langue arabe, croyant que religion islamique et monde arabophone forment un tout indissociable. Il s'agit là d'une généralisation semblable à celle qui consisterait, par exemple, à croire que tous les anglophones du monde sont de religion protestante. Évidemment, ce n'est point le cas. Il est vrai que 80 % des musulmans sunnites parlent l'arabe; ils habitent l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Libye, l'Égypte, le Soudan, la Jordanie, l'Irak et toute la péninsule Arabique (Arabie Saoudite, Yémen, Oman, etc.); la Syrie parle aussi l'arabe, mais la majorité des habitants sont des musulmans sunnites (avec des minorités chiites, alaouites, druzes et chrétiennes).

Source: L'Histoire, no 260, décembre 2001, p. 37.

Bien que les liens entre l'arabe et l'islam soient manifestes et que l'islamisation d'une population ait souvent entraîné son arabisation, certaines populations islamisées n'ont pas adopté l'arabe et certaines populations arabisées ne se sont jamais islamisées. Les autres peuples de religion musulmane (sunnite ou chiite) non arabophones habitent la Turquie, l'Iran, le Pakistan, le Bangladesh et l'Indonésie. En Afrique, les musulmans non arabophones couvrent le Mali, le Niger, la Somalie et les Comores. Ces peuples font usage d'une bonne vingtaine de langues dont le turc, l'amharique (Éthiopie), le farsi (Iran), le berbère (Algérie), le malais ou bahasa indonesia (Indonésie), le pashtou (Afghanistan), l'ourdou (Pakistan), le singhalais et le tamoul (Sri Lanka), le comorien (Comores), etc.

                          

De façon plus accidentelle, certains peuples arabisés ne se sont pas islamisés. C'est le cas des Maltais de l'île de Malte au sud de la Sicile. Le maltais est apparenté à l'arabe, mais la population de l'île est demeurée chrétienne. Au Liban, beaucoup de Libanais parlent l'arabe mais demeurent chrétiens; il en est ainsi en Égypte où l'on retrouve des chrétiens coptes (mais aussi des communautés catholiques). 

4   Les pays arabophones

Les pays arabes sont regroupés aujourd'hui dans une sorte de fédération appelée la Ligue arabe, fondée en Égypte le 22 mars 1945 à Alexandrie. Les pays fondateurs furent l'Égypte, l'Irak, le Liban, l'Arabie Saoudite, la Syrie, la Transjordanie et le Yémen (Nord). Avec la fin de la domination coloniale, la Ligue arabe s'est élargie et compte désormais 22 membres: en plus des membres fondateurs, on y trouve la Libye, le Soudan, la Tunisie, le Maroc, le Koweït, l'Algérie, les Émirats arabes unis, Bahreïn, Oman, la Mauritanie, la Somalie, Djibouti et les Comores, plus l'OLP qui est membre à part entière depuis 1976. Bien qu'exprimant l'aspiration unitaire des Arabes, la Ligue n'a jamais été un instrument de mise en oeuvre de la langue arabe. D'ailleurs, ses statuts ne prévoient pas d'efforts en ce sens.

Au Proche-Orient, l'arabe, ou l'une de ses variantes dialectales, est la langue maternelle de la grande majorité de la population. L'arabe est majoritaire à plus de 80 % en Syrie (15,3 millions d'habitants) et en Irak (21,8 M). Il est à peu près la seule langue au Liban (3,1 M), en Jordanie (6,3 M), en Arabie Saoudite (20,1 M), au Yémen (16,8 M), au Koweït (1,8 M), au Qatar (0,5 M), à Oman (2,3 M), à Bahreïn (0,5 million), dans les Émirats arabes unis (2,3 M). Ainsi, dans cette région du monde, 90 millions de personnes ont l'arabe ou une forme d’arabe comme langue maternelle.

Sur le continent africain, la situation de la langue arabe est un peu plus complexe qu'au Proche-Orient. Les seuls pays où l'arabe avec ses variantes dialectales est parlé presque par 100 % de la population sont les suivants: l'Égypte (65,9 M), la Libye (5,3 M) et la Tunisie (9,3 M). Les arabophones constituent 83% de la population (de 29,3 M) en Algérie, 65 % au Maroc (29,1 M), 66 % en Mauritanie (2,3 M), 65 % au Soudan (28,2 M).

5    Les minorités arabophones

Les minorités arabophones sont le plus souvent bilingues et habitent surtout des pays où l'islam est la religion principale; néanmoins, certaines populations immigrées vivent en Europe et en Amérique du Nord. On trouve d'importantes minorités arabophones au Tchad (1,2 million/ 28 % de la population) et en Israël (1,3 million/33 %). D'autres petites minorités habitent l'Iran (1,2 million/1,3 %), la Turquie (400 000/1 %), Djibouti (52 000), la Somalie (50 000), le Mali (106 000), le Niger (270 000), le Sénégal (5000), l'Afghanistan (5000) et le Tadjikistan (1000). Ces minorités arabophones comptent environ 15 millions de locuteurs.

On compte également près de trois à quatre millions d'arabophones du Maghreb en Europe, principalement en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique. Étant donné que l'Europe tend à limiter l'immigration maghrébine, beaucoup d'arabophones ont commencé à choisir les États-Unis et le Canada comme terre d'accueil.

6    Le statut juridique de l'arabe

L'arabe est la langue officielle ou co-officielle de 23 États dans le monde. Les États arabophones occupent deux aires géographiques limitrophes: l'Afrique du Nord et le Proche-Orient. En Afrique, l'arabe est l'unique langue officielle en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Égypte et au Soudan. Il est co-officiel avec le français en Mauritanie, à Djibouti, au Tchad et dans l'archipel des Comores. L'arabe est la langue majoritaire en Mauritanie, mais une langue minoritaire à Djibouti et au Tchad; aux Comores, il n'a que le statut de langue religieuse, puisque la grande majorité de la population parle le comorien, une variante du swahili.

Au Proche-Orient, le statut de l'arabe est nettement mieux défini. À l'exception d'Israël où l'arabe est co-officiel avec l'hébreu, il constitue l'unique langue officielle des États de la région: Syrie, Irak, Liban, Jordanie, Arabie Saoudite, Yémen, Koweït, Qatar, Oman, Bahreïn, Émirats arabes unis.

Dans plusieurs pays arabes, des mesures politiques, parfois vigoureuses, ont été prises pour renforcer le statut juridique de l'arabe, particulièrement là où cette langue s'était trouvée dans un état de subordination. Ce fut le cas au Maroc et en Tunisie, mais particulièrement en Algérie où les campagnes d'arabisation ont été aussi virulentes qu'incessantes.

Soulignons que l’arabe n’a aucun statut «civil» dans les grands pays musulmans où l’arabe ne constitue pas une langue officielle, mais simplement une langue religieuse, comme en Turquie, en Iran, au Pakistan, au Bangladesh, en Indonésie, etc. 

Cependant, dans l'île de Malte, les habitants de ce pays parlent le maltais (co-officiel avec l'anglais), Cependant, le maltais est une variété d’arabe maghrébin fortement marquée par le sicilien, l’italien, l’anglais et un peu de français. C'est pourquoi le maltais est associé aux pays arabes, mais il diffère de l'arabe coranique. 

On pourra consulter le tableau des pays où l'arabe est une langue officielle.

7    La Ligue des États arabes

La Ligue des États arabes, appelée officiellement Ligue arabe, a été fondée, le 22 mars 1945, à Alexandrie, par l’Arabie Saoudite, l’Égypte, l’Irak, la Jordanie, le Liban et le Yémen du Nord. Ces pays désiraient collaborer entre eux, sans perdre pour autant leur souveraineté respective.

Ensuite, adhérèrent à la Ligue arabe la Libye, le Soudan, la Tunisie, le Maroc, le Koweït, l’Algérie, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le sultanat d’Oman, la Mauritanie, la Somalie et Djibouti. L’OLP (Organisation de libération de la Palestine) en est membre à part entière depuis 1976. Le siège de la Ligue arabe fut transféré du Caire (Égypte) à Tunis en 1979, après la signature des accords de paix entre l’Égypte et Israël, mais depuis le 31 octobre 1990 le siège fut de nouveau rendu au Caire.

Aujourd’hui, la Ligue arabe compte en principe 22 États membres provenant à la fois de l’Afrique du Nord, de la Corne de l'Afrique, de la péninsule Arabique et du Levant (région du littoral oriental de la mer Méditerranée, comprenant la Syrie, le Liban et Israël). Tous ces États compte au moins 300 millions d’habitants. De tous les États arabophones, seul Malte ne fait pas partie de la Ligue arabe. Voici la liste des États de la Ligue arabe: Algérie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Comores, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Mauritanie, Maroc, Oman, Palestine, Qatar, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie,
Yémen. Parmi tous les pays dont l'arabe est une langue officielle, seul Israël ne fait pas partie de la Ligue arabe.

L'organisation de la Ligue arabe repose sur quatre organismes principaux: le Sommet des chefs d'État, le Conseil des ministres, les Comités permanents et le Secrétariat général. De plus, divers organismes ont été créés en application de traités qui complètent le Pacte de 1945 et plusieurs agences spécialisées travaillent en étroite collaboration avec elle.

Contrairement au Commonwealth et à la Francophonie, la Ligue arabe constitue une organisation «régionale» d'États géographiquement contigus, dont les membres partagent une même langue: l’arabe. En effet, l'arabe et un patrimoine culturel commun ont permis aux membres de la Ligue arabe, dont bon nombre ont déjà été des colonies ou des protectorats français, britanniques et italiens, de se regrouper. La Ligue arabe favorise les liens culturels et économiques, ainsi que les communications, et sert de médiateur dans les cas de différends entre les membres.

Dans le domaine de l’éducation, la langue commune a permis aux pays dotés d'une population active plus scolarisée d'en faire bénéficier les pays moins. Les pays arabes riches aident les pays moins riches, par l'intermédiaire du Fonds de la Ligue arabe pour le développement économique et social et de la Banque arabe pour le développement agricole et industriel. Les échanges commerciaux et économiques entre les membres de la Ligue sont facilités par des tarifs intérieurs réduits et la mise en place de tarifs extérieurs communs, ainsi que par des organismes comme l'organisation du transport aérien et le tourisme. Cependant, la réputation de la Ligue arabe a été quelque peu ternie en raison de son efficacité douteuse. En est témoin la passivité relative de la Ligue face aux nombreux conflits qui opposent les États membres et le peu d’entrain qu’elle manifeste à mettre un terme aux multiples dissensions.

À l’heure actuelle, la religion musulmane reste dominante dans les pays arabophones. Pourtant, l'islam est aussi pratiqué dans plusieurs autres pays qui ne font pas partie de la Ligue arabe et qui ne sont pas de culture arabe. En principe, la Ligue arabe est composée d'États contigus géographiquement, parlant la même langue, partageant la même culture et dont les populations partagent majoritairement la même foi. La Ligue demeure avant tout un instrument de concertation et de recherche d'un consensus vis-à-vis des grands problèmes auxquels ces pays sont confrontés.

8 L'apport de l'arabe au français

L'apport important de l'arabe au lexique français peut s'articuler en trois temps: au Moyen Âge, à la Renaissance et au XIXe siècle. Ces sources sont tirées du dictionnaire Le Petit Robert.

9.1 Le Moyen Âge

Les savants arabes ont fourni au français, directement ou par l'intermédiaire d'autres langues (notamment latin médiéval et espagnol), des termes d'origine arabo-persane, comme échec (jeu), jasmin, laque, lilas, safran ou timbale. C'est essentiellement aux XIIe et XIIIe siècles, plus rarement au XIVe siècle, que les emprunts à l'arabe pénètrent en français :

1) soit par l'intermédiaire du latin médiéval, de l'espagnol (plus rarement du catalan) ou de l'italien. C'est ainsi que le français emprunta à l'arabe des mots des sciences et des techniques, ainsi que du commerce: abricot, alambic, alchimie, algèbre, almanach, ambre, azur, chiffre, coton, douane, girafe, hasard, épinard, jupe, magasin, matelas, nénuphar, orange, satin, sirop, sucre, tare.

2) soit directement comme dans cuscute, élixir, gazelle, nadir, tasse, truchement, zénith, etc. 

9.2 La Renaissance 

Le domaine des sciences (mathématiques, chimie, botanique) et des techniques s'enrichit de nouveaux termes.  L'arabe fournit au français, par l'intermédiaire de l'italien, des mots comme arsenal, artichaut, calibre, massepain, massicot, nacre, tarif, zéro. Le français emprunta directement à l'arabe des mots comme alcool, algorithme, alcali, amalgame, marcassite, sinus (terme de mathématiques), sofa, soude, talc, talisman, usnée.

9.3 Les XIXe et XXe siècles 

Les emprunts seront étroitement liés aux circonstances historiques. Avec la campagne d'Égypte de Napoléon et les conquêtes coloniales de la France en Afrique du Nord, le français emprunta aux variétés régionales d'arabe, essentiellement à l'arabe maghrébin (algérien, marocain, tunisien), des mots qui seront véhiculés par les militaires et trouveront leur place dans l'argot ou le langage familier. Par exemple, baraka, barda, bésef, caoua, chouia, clebs, droper « courir vite », fissa, kif-kif, maboul, macache, moukère, niquer, zob. D'autres mots désignent des réalités locales comme bled, casbah, djebel, djellaba, erg, gandoura, harissa, méchoui, merguez, oued, reg, sarouel, souk, taboulé, tajine, zellige.

Enfin, les conflits nationaux et internationaux qui secouent le monde musulman à la fin du XXe siècle (guerre du Golfe, conflit israélo-palestinien, révolution islamique en Iran) favoriseront l'introduction en français (et dans d'autres langues) de mots comme ayatollah, charia, djihad ou intifada.
 

La famille chamito-sémitique
(ou afro-asiatique)

N

Groupe

Nombre
des langues

Langues


1

chamite

3

égyptien ancien*, moyen égyptien*, nouvel égyptien*, démotique*, copte (religieuse)

2

sémitique

73

akkadien*, éblaïte*

babylonien*, ougaritique*, cananéen*, moabite*, phénicien*, samaritain*, araméen, assyrien, chaldéen, hébreu, etc.

arabe classique, arabe dialectal, maltais

amharique, tigrinia, tigréen, argobba, etc.

3

berbère

29


tamazight, kabyle, tachelhit, tamasheq, siwi, jerba, chaouïa, judéo-berbère, etc.

4

tchadique

192


haoussa, mandara, ngala, bana, etc.

5

couchitique

47


somali, sidamo, galla, afar, gedeo, bédja, bedawi, oromo, etc.

6

omotique

28


wolaytta, gamo, melo, basketto, seze, yemsa, etc.

* = langue éteinte

1 Une appellation controversée

Les langues de la famille chamito-sémitique — appelée également afro-asiatique — couvrent une aire géographique considérable, qui s’étend du nord de l’Afrique (du Maghreb jusqu’au Nigeria et une partie du Cameroun, en passant par l’Éthiopie, l’Érythrée et la Somalie) et de l’île de Malte, ainsi que dans tout le Proche-Orient, pour s’arrêter aux frontières de l’Iran (quelques îlots d’arabophones).

L’appellation de chamito-sémitique attribuée à ces langues est une pure invention des linguistiques de la fin du XVIIIe siècle, d'où cette appellation controversée. Sous l’influence de la Genèse (Bible judéo-chrétienne), les linguistes européens présentèrent les Hébreux, les Araméens, les anciens Égyptiens et les Arabes comme les descendants de Sem (d’où sémitique) et de Cham (d’où chamite), les fils du patriarche Noé. Quant à Koush, un fils de Cham, dont les descendants auraient habité le sud de l’Égypte, il aurait donné son nom à l’Éthiopie, d’où la création par la suite du terme couchitique pour désigner les langues de ce pays. On a inventé plus récemment le mot tchadique pour désigner les langues de la région du lac Tchad. Enfin, les langues dites omotiques sont parlées en Éthiopie dans la région du fleuve Omo.

Finalement, les linguistes rassemblèrent les langues de l'Asie de l'Ouest et de l'Afrique du Nord présentant des similitudes entre elles en une grande famille appelée afro-asiatique (chamito-sémitique).

Certaines des langues de la famille chamito-sémitique (ou afro-asiatique) ont, dans l’Antiquité, été de très grandes langues de civilisation. Pensons seulement à l'égyptien ancien, au babylonien, au sumérien, au phénicien, à l’araméen, etc. La plupart de ces langues sont aujourd'hui disparues, à l'exception du copte, resté une langue liturgique, et de l’araméen, parlé par moins de 100 000 locuteurs. 

De toutes les langues chamito-sémitiques actuelles, l’arabe, avec ses variétés dialectales, constitue sans aucun doute l’idiome parlé par le plus grand nombre de locuteurs (au moins 200 millions).

Avec près de 300 millions de locuteurs dans le monde, les langues de la famille chamito-sémitique font partie des familles les plus importantes du monde, tant par leur histoire que par leur nombre et leur distribution géographique de leurs locuteurs. Les langues chamito-sémitiques constituent l'une des grandes familles linguistique du continent africain.

2 Les langues chamites

Le groupe chamite ne compte qu’une seule langue, l’égyptien (3000 ans avant notre ère), qui a donné naissance à l'égyptien ancien, à l'égyptien moyen, au nouvel égyptien, au démotique, puis au copte. La langue égyptienne s'étale pratiquement sur quelques milliers d'années. Son évolution commence avec l'ancien égyptien dont la plus ancienne forme remonterait à près de 3000 avant notre ère. C'est la langue qu'on retrouve dans les textes des pyramides et des inscriptions de la IIIe à la VIe dynastie de l'Ancien Empire. Les premières attestations du moyen égyptien (ou égyptien classique) sont apparues vers 2100 avant notre ère; cette langue, qui a survécu durant environ 500 ans, demeure la «langue des hiéroglyphes» dans histoire de l'Égypte antique, lors de la période du Moyen Empire. Sous la XVIIe dynastie, le moyen égyptien a été adopté comme langue officielle (textes littéraires, inscriptions royales, documents administratifs, etc.); on le retrouve aujourd'hui sur les inscriptions des sarcophages. Quant au nouvel égyptien (ou néo-égyptien), il a remplacé en Haute Égypte le moyen égyptien dans la langue parlée (après l'an 1600 avant notre ère) et est resté en usage jusqu'aux environs de l'an 600 (avant notre ère). Le nouvel égyptien a été employé dans les documents officiels durant la période s'étendant entre les XIXe et XXVe dynasties. 

Lors de la Basse Époque, deux variétés d'égyptien et deux écritures dérivées du nouvel égyptien ont été utilisées simultanément: d'une part, le démotique «archaïque» dans le Nord, d'autre part, le hiératique «anormal» dans le Sud. L'unification s'est faite du Nord au Sud en faveur du démotique sous le règne de Psammétique Ier. Cette appellation de démotique (du grec dêmos signifiant «populaire») désigne une langue restée en usage jusqu'au VIIe siècle de notre ère, soit jusqu'à la conquête arabe qui a entraîné l’arabisation et l’islamisation de cet ancien empire. Dans l'écriture, le terme de démotique fait référence à la «langue populaire» employée dans la vie quotidienne, tandis que les inscriptions officielles en hiéroglyphes ont tendance à désigner les styles archaïques de l'Ancien Empire et du Moyen Empire.

Pour ce qui est du copte (du grec Aiguptos signifiant «égyptien), c'est le dernier maillon dans l'évolution de l'ancien égyptien. Attesté dès le IVe siècle avant notre ère, le copte a été employé par les paysans de Haute Égypte jusqu'au au XVIIe siècle et reste aujourd'hui la langue liturgique de l'Église copte orthodoxe (environ 6,5 millions d'adeptes). L'écriture copte est la transcription de la langue égyptienne en lettres grecques complétée par sept caractères démotiques pour rendre les sons qui n'existaient pas en grec. On sait qu'en 642 l'Égypte fut conquise par les Arabes qui arabisèrent et islamisèrent la région avant d'entreprendre la conquête d'une partie du monde. 

3 Les langues sémitiques

Certaines langues sémitiques sont attestées depuis 2000 ans avant notre ère (akkadien, ougaritique, éblaïte, etc.). Dans le groupe sémitique, seuls l’arabe (200 millions de locuteurs), l'amharique (20 millions de locuteurs dans le monde), le tigrinia (6 millions) et l’hébreu (4,6 millions) constituent des langues officielles, soit dans
23 États pour l'arabe, en Éthiopie pour l'amharique, en Érythrée pour le tigrinia et en Israël pour l'hébreu. La plupart des autres langues sémitiques (73 au total) parlées aujourd’hui sont utilisées en Éthiopie et en Érythrée.

3.1    La langue arabe

L'arabe, pour sa part, doit sa formidable expansion  à partir du VIIe siècle grâce à la propagation de l'islam, la diffusion du Coran et la puissance militaire des Arabes. Ces trois facteurs sont intimement liés au point qu'on ne peut que difficilement les dissocier. La langue arabe se présente sous deux formes principales: l'arabe dialectal et l'arabe littéraire (ou arable classique ou arabe du Coran). L'arabe dialectal résulte à la fois de la fragmentation de l'arabe du VIIe siècle et de la fusion des parlers provenant des conquêtes militaires et des brassages de population des langues sud-arabiques, berbères, africaines, etc. Ces variétés dialectales sont, de nos jours, extrêmement nombreuses et persistent dans tout le monde arabe. L'arabe dialectal est la langue que chacun des 200 millions d'arabophones utilise toute sa vie et qui véhicule toute une culture populaire, traditionnelle et contemporaine. Il est fortement dévalorisé au plan social et est souvent perçu comme «vulgaire» ou «abâtardi». C'est donc une langue exclusivement parlée dont les variétés sont souvent incompréhensibles entre les arabophones. On distingue principalement l'arabe algérien, l'arabe égyptien, l'arabe irakien, l'arabe jordanien, l'arabe libanais, l'arabe libyen, l'arabe marocain, l'arabe mauritanien, l'arabe omanais, l'arabe palestinien, l'arabe saoudien, l'arabe syrien, l'arabe tchadien, l'arabe tunisien, l'arabe yéménite, etc.

Au contraire, l'arabe classique, appelé aussi arabe éloquent ou arabe grammatical, est une langue prestigieuse associée à la religion et à l'écrit, c'est-à-dire à la culture littéraire, à la science, à la technologie et aux fonctions administratives. De très forts liens historiques et idéologiques unissent ces deux formes d'arabe; c’est pourquoi les communautés arabes ont toujours considéré qu'il n'existe qu'une langue arabe. Sur le continent africain ainsi qu’au Proche-Orient, l’arabe est officiel dans 23 États, ce qui en fait une langue de très grande diffusion.

3.2 L'écriture arabe

L'alphabet arabe moderne et l'alphabet hébreu se sont développés à partir de la variante araméenne, laquelle a également donné naissance à l'alphabet grec. L'araméen a été supplanté à son tour par l'arabe.

L'alphabet arabe est composé de 28 lettres. Il s'écrit de droite à gauche, contrairement à l'alphabet latin. Comme pour le français, la position de la lettre par rapport à ligne d'écriture est importante.

L'une des originalités de cette écriture est qu'elle est consonantique, c’est-à-dire que seules les consonnes sont en général écrites ainsi que les voyelles longues; l’arabe est une langue dans laquelle les voyelles ne servent qu’à préciser la fonction grammaticale du mot et non son sens. Mais chaque lettre possède une forme différente selon sa place dans le mot.

L'écriture arabe sert à noter de nombreuses langues non chamito-sémitiques: des langues iraniennes (farsi), turques (le turc sous l'Empire ottoman jusqu'en 1928), indiennes (ourdou), austro-asiatiques (malais) et africaines. Pour noter les sons de ces langues qui n'existent pas en arabe, on utilise des points ou des signes diacritiques conférant à la lettre arabe une nouvelle valeur phonétique.

Quant aux chiffres dits «arabes» utilisées en Occident, ils constituent la forme maghrébine des chiffres indiens (entre le Ier et le VIIe siècle), les Arabes ayant, au moment des croisades, servi de relais depuis l'Inde jusqu'en Occident. On devrait plutôt parler de «chiffres indo-arabes». C'est le pape Sylvestre II qui, vers l'an 1000, a imposé, non sans difficulté, ce système à la chrétienté (encore restée aux chiffres romains ou grecs ). Les premières apparitions en Europe des «chiffres arabes» se trouvent dans deux manuscrits espagnols écrits en latin, en 976 et 992. 

4 Les langues berbères

Les langues berbères sont parlées au Maroc, en Algérie et en Libye, avec quelques îlots en Tunisie, au Niger et au Mali. Ces langues sont fragmentées en une trentaine de variétés et elles doivent affronter la concurrence de l'arabe. Néanmoins, elles sont parlées par plus de 20 millions de locuteurs. Les langues les plus connues sont les suivantes: tamazight, kabyle, tachelhit, tamasheq, jerba, chaouïa, judéo-berbère, etc. Le berbère possède son système propre d'écriture, de grammaire et de syntaxe. On peut consulter une carte linguistique des langues berbères en Afrique en cliquant ICI
5 Les langues tchadiques

On compte un peu moins de 200 langues tchadiques (peut-être 140), mais la plupart sont des langues utilisées par peu de locuteurs. De plus, ce ne sont pas des langues reconnues par les États, sauf pour ce qui est du haoussa parlé par environ 22 millions de locuteurs dans le monde (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Ghana, Niger, Nigeria, Soudan, Togo, Tchad). Depuis les années quatre-vingt, près d’une vingtaine d’États non souverains de la fédération nigériane ont rendu le haoussa co-officiel avec l’anglais à leur chambre d’Assemblée. Au Nigeria, le haoussa est parlé par plus de 18 millions de locuteurs et par au moins 50 % de la population comme langue seconde. Au Tchad, les langues tchadiques sont parlées dans les régions du lac Tchad, du Moyen-Chari et du Logone, une partie du Guéra et le Ouaddai occidental.

6 Les langues couchitiques

On compte moins de 50 langues couchitiques attestées depuis la frontière sud de l'Égypte jusqu'au nord de la Tanzanie. Elles sont parlées en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie, au Kenya et en Tanzanie. La seule langue reconnue officiellement est le somali (8,3 millions de locuteurs dans le monde) en Somalie, mais il en existe plusieurs autres comme le sidamo, le galla, l'afar, le gédeo, le bédja, le bédawi, etc.

7 Les langues omotiques

Les 28 langues omotiques sont parlées dans la région du bassin du fleuve Omo en Éthiopie. Ce sont généralement de petites langues parlées par un nombre restreint de locuteurs, mais certaines de ces langues comptent néanmoins beaucoup de locuteurs: il s'agit d'abord du wolaytta (2 millions), puis du gamo (780 000), du yemsa (500 000), du seze (109 000), du basketto (82 000) et du melo (80 000). L'appartenance du groupe des langues omotiques à la famille chamito-sémitique fait présentement l'objet de controverses.

En somme, les langues dites «chamito-sémitiques», en tant que famille linguistique, ne sont pas scientifiquement fondées, car cette «famille» n'a jamais été reconstruite par la méthode de la linguistique historique, laquelle est comparative et inductive; on sait que cette méthode, appliquée depuis longtemps à l'indo-européen, a fait les preuves de sa pertinence et de sa validité, mais elle n'a jamais été appliquée aux langues chamito-sémitiques. Donc, c'est par tradition ou par habitude qu'on parle encore de langues chamito-sémitiques ou afro-asiatiques. 

SOURCE : http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/Langues/2vital_inter_arabe.htm

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