Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
La torture à Abou Ghraïb : le témoignage sous serment d Ali Shalal

Note de l'éditeur
Le texte qui suit est le témoignage présenté par le Professeur Ali Shalal, qui a été torturé à la prison d Abou Ghraïb. Cette déclaration a été faite devant la Commission des crimes de guerre mise en place sous les auspices de lancien Premier ministre, et constitue une preuve dans la procédure judicaire engagée à Kuala Lumpur contre le Président US Tun George W. Bush, le Premier ministre britannique Tony Blair et le Premier mnistre australien John Howard. <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>
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Ali Shalal, connu dans le monde comme « lhomme encagoulé », est un homme dun courage et dune détermination extaordinaires. Jai écouté son témoignage et jai eu loccasion de parler à plusieurs reprises avec lui au cours de la conféence sur les crimes de guerre. Nous avons établi des liens damitié et de solidarité. Nous partageons une même détermination à faire déférer en justice les criminels de guerre revêtant de hautes charges.<o:p></o:p>
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Ali Shalal est professeur de théologie. Il est une grande source dinspiration. Il est important de comprendre que ce quil a subi fait partie dun processus routinier de torture, qui est appliqué systématiquement à ceux qui sont arrêtés. Beaucoup de ses compagnons dAbou Ghraïb sont morts des suites des tortures ou ont été exécutés après leur libération de manière ce quils ne révèlent pas les horreurs et atrocités commises sur ordre de ladministration Bush.<o:p></o:p>
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Un autre fait significatif, confirmé par son témoignage est que des « civils » israéliens ont été partie prenante dans les interrogatoires menés par des agents US en prison.<o:p></o:p>
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Ali Shalal a survécu et a fourni son témoignage au nom de tous ceux qui ont été torturés à mort. Ses paroles entreront dans lhistoire.<o:p></o:p>
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Les criminels de guerre haut placés finiront devant la justice. Nous sommes aussi déterminés à ce quils bénéficient dun procès équitable.<o:p></o:p>
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Michel Chossudovsky, Global Research, 19 février 2007<o:p></o:p>
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Ali Shalal et Michel Chossudovsky à Kuala Lumpur, 7 février 2007<o:p></o:p>
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Le soussigné Ali Sh. Abbas (alias Ali Shalal), citoyen irakien majeur, déclare solennellement et sincèrement ce qui suit : <o:p></o:p>
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1. Jai 45 ans.
2. Je vis actuellement à Amman, Jordanie.
3. Jétais chargé de cours islamiques dans la ville dAl Alamiya en Irak.
4. Mon but en faisant cette déclaration légale et denregistrer mon expérience de la torture à la prison dAbou Ghraïb.

5. Les troupes américaines mont arrêté le 13 octobre 2003 alors que je me rendais à la mosquée Al Amraya pour y prier. Ils mont attaché les mains dans le dos et mont mis un sac sur la tête. Ils mont emmené dans une petite prison dans un camp militaire US à Al Amraya.
6. Le commandant de ce camp militaire, un certain capitaine Philips ma dit quil avait reçu lordre de son supérieur de marrêter et quil ignorait ls raisons de mon arrestation. En prison, jai été en détention solitaire.
7. Deux jours plus tard, on ma transféré à la prison dAbou Ghraïb. Ils ont commencé par me faire subir un examen physique et des abus. Avec dautres détenus, on nous a fait asseoir par terre puis on nous a traînés dans le local dinterrogatoire, qui était en fait une toilette denviron 2X2 mètres, inondée deau et dexcréments qui nous arrivaient aux chevilles. On ma fait asseoir dans cette eau sale pendant que linterrogateur américain se tenait devant la porte, avec linterprète.
8. Après linterrogatoire, jai été déplacé de la toilette et avant que le prochain détenu y entre à son tour, les gardiens ont uriné dans leau sale devant les autres détenus.
9. La première question quils mont posée a été : "Êtes-vous sunnite ou chiite?" Jai répondu que cétait la première fois de ma vie quon me posait une telle question. Jétais surpris par cette question, car en tant quIrakiens, nous ne faisons aucune distinction ou différence de ce genre. Linterrogateur américain a rétorqué que devais donner des réponses directes et ne pas répondre à côté des questions. Il a dit ensute quen Irak, il y a des sunnites, des chiites et des Kurdes.
10. Les interrogateurs étaient en civil et linterprète, un Afro-Américain, portait un uniforme de larmée américaine.
11. Quand jai répondu que jétais un Musulman irakien, linterrogateur a refusé daccepter ma réponse et ma accusé des crimes suivants :
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a- Jétais antisioniste et antisémite<o:p></o:p>
b- Je soutenias la Résistance<o:p></o:p>
c- Je poussais les gens à sopposer à loccupation<o:p></o:p>
d- Je savais où se trouvait Oussama Ben Laden<o:p></o:p>
12. Jai protesté en disant que les musulmans et les juifs descendent de la même famille historique. Jai dit que je ne pouvais être dans la Résistance car je suis handicapé et jai une main blessée.
13. Linterrogateur ma accusé de mêtre blessé à la main en attaquant de soldats américains.
14. Linterrogateur ma informé quils savaient que jétais une personne importante dans la communauté et que je pourrais donc les aider. Il ma offert des soins médicaux pour ma main blessée comme récompense en cas de coopération.
15. Comme je ne coopérais pas, linterrogateur ma demandé si je considérais larmée américaine comme des « libérateurs » ou des « occupants ». Quand jai répondu quils étaient des occupants, il a perdu son sang-froid et ma menacé. Il ma dit que je serais envoyé à Guantanamo où même des animaux ne pourraient pas survivre.
16. Ils mont emmené dans une autre pièce et ont relevé mes empreintes digitales, pris une photo de mon oeil et des échantillons de salive pour des analyses ADN. Après cette procédure, ils mont marqué en me mettant un bracelet au poignet portant mention de mon nom, un numéro, mon appartenance religieuse et mes antécédents judiciaires.
17. Puis ils mont battu à plusieurs reprises et mont mis dans un camion pour me transférer dans une autre partie de la prison dAbu Ghraïb.
18. Cette partie de la prison était un espace ouvert divisé en cinq secteurs entourés de murs et de barbelés et appelé « le pays de Fiji ». Chaque secteur comprenait cinq tentes et était entouré de barbelés. Quand on ma fait descendre du camion, les soldats ont marqué en rouge sur mon front "Big Fish" (gros poisson). Tous les détenus de ce camp étaient considérés comme « gros poissons ». Je me trouvais au camp "B".
19. Les conditions du camp étaient vraiment mauvaises. Chaque tente hébergeait de 45 à 50 détenus et chacun de nous diposait dun espace de 30X30 centimètres. Il nous fallait attendre deux ou trois heures pour aller aux toilettes. Il y avait très peu deau. Chaque tente ne recevait que 60 litres deau par jour à partager entre tous les détenus. Cette eau nous sevrait à boire, à nous laver et à nettoyer les blessures infligées pendant les sessions de torture. Ils nous oblgeaient aussi à rester debout pendant de longues heures.<o:p></o:p>
20. Parfois, en guise de punition, il ne nous donnaient pas à manger. Quand ils nous en donnaient, cétait petit déjeuner à 5 heures, repas à 8 heures et dîner à 13 heures. Pendant le Ramadan, ils nous donnaient deux repas, lun à minuit et lautre durant la période de jeûne, afin dobliger les détenus à rompre le devoir religieux du jeûne.
21. Pendant ma captivité, dans le camp, jai été interrogé et torturé deux fois. Chaque fois, jai été menacé dêtre envoyé à la prison de Guantanamo Bay. Pndant cette période, jai entendu mes codétenus raconter quils avaient été soumis à des brûlures de cigarettes, quon leur avait injecté des produits hallucinogènes et quon les avait sodomisés avec divers instruments, par exemple des baguettes de bois et des tuyaux. Quand ils revenaient au camp, ils saignaient abondamment. Certains avient des os brisés.
22. Dans mon camp, jai vu des détenus qui avaient été conduits là depuis une prison secrète, dont jai su plus tad quelle était hébergée dans le bâtiment de lInstitut arabe du pétrole, dans le nord de Bagdad. Ces détenus étaient gravment blessés.
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23. Au bout dun mois de détention, juste avant le coucher du soleil, mon numéro a été appelé ; on ma mis un sac sur la tête et on mattaché les mains dans le dos. On ma aussi entravé les pieds. Puis on ma transféré dans une cellule.
24. Une fois dans la cellule, ils mont demandé en arabe de me déshabiller mais comme jai refusé, ils mont arraché mes vêtements et mont à nouveau entravé. Puis ils mont entraîné dans des escaliers, tout en me battant lorsque je navançais pas assez vite. Une fois arrivés en haut des escaliers, ils mont attaché à des barres dacier. Puis ils mont aspergé dexcréments et ont uriné sur moi.
25. Puis ils ont pointé un fusil sur ma tête et ont dit quils allaient mexcéuter sur-le-champ. Un autre soldat me criait dessus avec un mégaphone, minsultant et mhumiliant. Pendant ce temps, je pouvais entendre les cris dautres détenus quon torturait. Cela a duré jusquau lendemain matin.
26. Le matin, un Israélien se tenait devant moi ; il enleva le sac de ma tête et me dit en arabe quil était un Israélien qui avait interrogé et torturé des détenus en Palestine. Il me dit que quand les détenus ne voulaien pas coopérer, ils étaient tués. Il me demanda à plusieurs rprises des noms de combattanst de la résistance. Je lui ai dit que je ne connaissais aucun combattant de la résistance mais il ne voulait pas me croire et continua à me frapper. <o:p></o:p>
27. Cet Israélien habillé en civil ma sodomisé dabord avec une baguette de bois déchiquetée puis avec un canon de fusil. Jai eu des déchirures internes et jai saigné abondamment. Pendant tout ce temps, chaque fois quun garde passait devant moi, il me frappait. Ils ne mont rien donné à manger pendant 36 heures.<o:p></o:p>
28. Le matin suivant linterrogateur israélien est venu dans ma cellule, ma attaché à la grille de la cellule et sest mis à jouer la chanson pop "By the Rivers of Babylon" par le groupe Boney M, et cela sans interruption jusquau matin suivant. Leffet sur moi a été que jai perdu laudition et jai perdu lesprit. Cétait très douloureux et jai perdu conscience. Je ne me suis réveillé que quand le garde israélien ma versé de leau sur la tête et le visage. Quand jai repris connaissance, il a recommencé à me frapper et ma demandé de lui donner les noms de combattants de la résistance et de lui dire quelles activités javais menées contre les soldats US. Chaque fois que je lui disais que je ne connaissais aucun combattant de la résistance, il me donnait des coups. <o:p></o:p>
29. Jai été en cellule, sans vêtements, pendant deux semaines. Pendant ce temps, un garde américan appelé Graner, accompagné dun Juif marocain appelé Idel Palm ( aussi connu sous le nom d Abou Hamid) est venu dans ma cellule et ma interrogé sur ma main bandée, qui avait été blessée avant mon arrestation. Je lui ai dit que javais été opéré. Il a alors enlevé le bandage imbibé de sang et en faisant cela, il a arraché de la peau et de la chair de ma main. Je souffrais horriblement et lorsque je lui ai demandé des calmants, il a marché sur mes mains et il a dit en riant : Ça, cest les calmants américains ».<o:p></o:p>
30. Au quinzième jour de détention, on ma donné une couverture. Jétais soulagé quon m donne un peu de réconfort. Comme je navais pas de vêtements, jai fait un trou au centre de la couverture en la frottant contre le mur et jai donc pu couvrir mon corps. Cétait la manière dont tous les détenus shabillaient quand on leur donnait une couverture. <o:p></o:p>
31. Un jour, un détenu passant devant ma cellule me dit que les interrogateurs voulaient accélérer leur enquête et allaient utiliser des méthodes plus brutales pour avoir les réponses quils attendaient des prisonniers. Jai été conduit à la salle dinterrogatoires, après quils avaient mis un sac sur ma tête. Quand je suis entré dans la salle denquête, ils ont enlevé le sac de ma tête pour me faire voir les fils électriques qui étaient attachés à une prise électrique au mur. Étaient présents dans la salle le Juif marocain, Idel Palm, linterrogateur israélien, deux Américains, "Davies" et "Federick" et deux autres. Ils étaient tous en civil, sauf les Américains, qui étaient en uniformes de larmée US. Idel Palm ma dit en arabe que si je ne coopérais pas, je perdrais ma dernière chance de rester en vie. Je lui ai dit que je ne savais rien sur la résistance. On ma lors remis le sac sur la tête et on ma laissé seul pendant un long moment. Pendant ce temps, je pouvais entendre les cris et les hurlements de détenus quon torturait. <o:p></o:p>
32. Les interrogateurs sont revenus et mont forcé à monter sur un carton contenant des boîtes de conserves. Puis ils ont branché les fils électriques sur mes doigts, mont ordonné détendre mes mains à lhrizontale et ils ont branché le courant électrique. Lorsque le courant a traversé tout mon corps, jai eu limpression que mes yeux sortaient de leurs orbites et que je faisais des étincelles. Mes dents claquaient et mes jambes tremblaient violemment. Tout mon corps était secoué. <o:p></o:p>
33. Jai été électrocuté en trois séances distinctes. Dans les deux premières séances, jai été électrocuté deux fois, chaque fois quelques minutes. Durant la troisième séance, pndant que jétais électrocuté, je me suis mordu la langue accidentellement et je me suis mis à saigner de la bouche. Ils ont arrêté lélectrocution et ils ont appelé un médecin. Jétais allongé par terre. Le médecin a versé un peu deau dans ma bouche et a utilisé ses pieds pour ouvrir ma bouche de force. Puis il a dit : « Rien de grave, continuez ! » et il a quitté la pièce. Mais le garde a arrêté lélectrocution comme jétais en train de saigner abondamment et quil y avait du sang partout sur mon corps et sur la couverture. Ils ont continué à me fapper. Après un certain temps, ils ont interrmpu le tabassage et mont ramené à ma cellule. Pendant toute la séance de torture, les interrogateurs prenaient des photos.<o:p></o:p>
34. Jai ensuite été laissé seul dans ma cellule pendant 49 jours. Pendant cette période de détention, ils ont cessé de me torturer. À la fin du 49ème jour, jai été raméné au camp, dans la tente C et je suis resté là pendant 45 jours. Un détenu ma dit quil avait entendu des gardes dire que javais été arrêté par erreur et que jallais être libéré.<o:p></o:p>
35. Jai été libéré au début de mars 2004. Jai été mis sur un camion, dont on ma éjecté sur une autoroute. Une voiture qui passait ma pris en stop et ma conduit à la maison. <o:p></o:p>
36. Le résultat de cette expérience a été que jai décidé de fonder une association pour venir en aide à toutes victimes de tortures, avec laide de douze autres victimes de la torture. <o:p></o:p>
37. Je suis très triste davoir à me remémorer et à revivre encore et encore cette horrible expérience et jespère que le peupel malaysien répondra à notre appel à laide. Quil plaise à Dieu.<o:p></o:p>
Et je fais cette déclaration sollennelle en toute conscience et connaissance de cause en vertu des dispsitions de la loi sur les déclarations légales de 1960.<o:p></o:p>
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Le susnommé Ali Sh. Abbas alias Ali Shalal, Kuala Lumpur, février 2007, par linterpétation dABBAS Z. ABID (Passeport irakien N° S379532), lequel a déclaré avoir traduit de manière véridique, dinstincte et audible le contenu de la présente déclaration légale du requérant Ali Sh. Abbas alias Ali Shalal <o:p></o:p>
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Nom: ABBAS Z. ABID <o:p></o:p>
(Passeport irakien N° S379532)<o:p></o:p>
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Comparaissant devant moi,<o:p></o:p>
Saw Ah Leong<o:p></o:p>
Commissaire des serments,<o:p></o:p>
Kuala Lumpur, Malaysia <o:p></o:p>