Que cherche les USA? prq la guerre sur l'irak puis le liban? C'est quoi exactement le problème entre israél et le monde arabe?
La torture, une pratique routinière des forces US en Irak : témoignage devant la commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur

Déclaration légale
Je soussigné Abbas Z. Abid (Passeport irakien n° S379532), citoyen irakien majeur, déclare solennellement et sincèrement ce qui suit :
1. Jai 43 ans
2. Je vis à Falloujah, en Irak.
3. Je suis ingénieur en électricité. Avant mon arrestation et ma détention jétais ingénieur en chef au ministère des Sciences et des Technologies à Bagdad.
4. Le but de cette déclaration légale et denregistrer mon expérience de la torture lors de ma détention à la prison Al Jadiria.
5. Il sagit dun ancien abri souterrain reconverti en prison secrète.
6. Le 28 août 2005 vers 22 heures, une force conjointe de soldats US et de Gardes nationaux irakiens a effectué un raid sur la maison de mon frère. Cette force consistait en 4 Humvees pleins de soldats US et de 12 camions transportant des soldats irakiens. Plus de 15 soldats US e irakiens ont pénétré dans la maison dune manière terrifiante.
7. Mes neveux ont couru à ma maison en appelant à laide car mon frère nétait pas à la maison ce soir-là. Jhabite près de chez lui.
8. Je suis allé à la maison de mon frère et jai accueilli les soldats en me présentant comme ingénieur en chef au ministère des Sciences et des Technologies. Je leur ai dit que mon frère nétait pas disponible pour linstant et que je pouvais répondre à leurs questions. Ils mont dit quils étaient à la recherche de preuves incriminantes. Ne trouvant rien dillégal dans la maison, le Commandant sest dirigé vers une table dans le living-room, utilisée par mes neveux pour leurs devoirs.
9. Il a commencé à fouiller la table et a demandé : »Pourquoi tant de livres saints (Corans, NdT) ? » Je lui ai dit que chaque membre de la famille avait son propre livre saint. Il a ensuite examiné certains papiers sur la table qui étaient des articles téléchargés sur internet depuis divers sites certains évoquaient la violence en Irak, dautres des figures politiques comme Ahmed Chalabi. Le Commandant a demandé : « Cest quoi, ça ? » et comme je ne connaissais pas le contenu de ces papiers, jai jeté un regard rapide sur eux et lui ai dit quil sagissait darticles divers sur la situation en Irak. Il a dit : « Je les prends pour les montrer à mes supérieurs. » Il a pris les articles et les cinq Corans qui étaient sur la table et il a quitté la maison.
10. Arrivé à la porte dentrée, un soldat lui a murmuré quelque chose à loreille et il est revenu en arrière pour me demander : « Quel type de voiture votre frère conduit-il ? Où est-ce quil est maintenant ? » Je lui répondu que cétait une Opel Oméga et quelle était dans le garage de notre père. Le Commandant ma alors dit quil voulait contrôler la maison de mon père.
11. Ils ont fouillé la maison de mon père et nont rien trouvé. Puis les soldats mont ordonné de les suivre pour interrogatoire.
12. Jai été dabord conduit au QG de la Brigade Al Muthanna pour être interrogé. Ils mont frappé et mont demandé les noms des « terroristes » de mon quartier. Je leur ai répondu que je ne connaissais aucun terroriste. Mais ils ne mont pas cru et ont continué à me frapper. Ils mont aussi électrocuté et menacé de mexécuter. LAméricain participait à la torture et fournissait des bières aux interrogateurs et aux gardes. Je sais cela car je comprends langlais.
13. Peu de temps après ma détention, le fils de mon cousin a aussi été arrêté et torturé afin dobtenir de lui un témoignage contre moi. Il a été relâché après 18 jours de torture et après avoir fait une fausse déclaration contre moi.
14. Jai été détenu au QG de la brigade dAl Muthana pendant 4 semaines puis jai été transféré à la prison dAl Jadiria. Les détenus qui ont été transférés avec moi étaient : Hameed Kameel Shared Taha Hussein Readh Mustafa Rabah Mahmoud Basim Hammed Khalaf Fauzi Kareem Muhanned Eesaa
15. Là, jai été de nouveau torturé de la manière suivante : a. Coups avec divers instruments (gros gourdins, câbles, tuyaux métalliques, rubans métalliques); b. Décharges électriques dans diverses parties du corps, particulièrement le pénis ; c. On ma forcé à boire de leau mélangée avec une solution diurétique puis on ma attaché le pénis avec un élastique pour mempêcher duriner; d. Jai été pendu à un mur avec des poids attachés à mon pénis pendant de longues heures ; e. Menaces dagressions sexuelles ; f. Ils « jouaient » avec mes organes génitaux ; g. Ils me terrorisaient en tirant au fusil près et au-dessus de ma tête; h. Menaces de violer ma femme et ma mère après les avoir amenées à la prison ; i. Suppression de toute alimentation et boisson (sauf leau que jétais forcé de boire avec la solutuion diurétique) pendant la période denquête j. Extraction forcée de mes ongles ; k. Ils me pendaient au mur pendant de longues heures jusquà ce que je mévanouisse, à partir de mes mains menottées dans le dos, ce qui ma disloqué les épaules ; l. Ils me pendaient au mur puis me frappaient avec divers instruments jusquà ce que les menottes se brisent. Cela est arrivé plusieurs fois.
16. Dautres détenus ont subi les tortures suivantes : a. Relations sexuelles forcées entre détenus b. Corps percés avec une perceuse « Black & Decker » ; c. Découpage de morceaux de chair avec une machine à meuler ; d. Brûlures infligées avec des cigarettes et du nylon fondu ; e. Sodomisation avec divers objets : bâtons de bois, tuyaux, et un tuyau daspirateur ; f. Obligation de rester debout pendant de longues heures.
17. Jai été forcé de signer une déclaration sans pouvoir la lire et sans savoir ce quelle contenait car ils mavaient mis un sac sur la tête. Ils le font à tous les prisonniers.
18. Jai ensuite été jeté dans le couloir avec le sac sur la tête pendant de longues heures. Puis on ma amené dans une petite pièce (2.5m X 2.5m) avec 30 autres détenus ; 3 jours plus tard, jai été déplacé dans une pièce contenant environ 70 détenus qui faisait 7 m. sur 3.5 m. Le nombre des détenus a ensuite augmenté et a atteint 115 dans cette même pièce.
19. Jai du garder le sac sur la tête pendant deux mois. Ils ne lenlevaient que quand ils me donnaient à manger. Certains détenus ont gardé le sac sur la tête pendant plus de cinq mois. Jai vu beaucoup de choses incroyabels dans cette pièce, comme par exemple : a. Il ny avait pas assez despace pour tout le monde, donc les détenus étaient assis ou allongés les uns sur les autres et la plupart dentre eux souffraient de brûlures, de frictions et de blessures graves, certains étaient atteints de maladies contagieuses comme la tuberculose et la gale. b. Tout le monde urinait dans des bouteilles en plastique placées près de la porte. Les visites aux toilettes nétaient autorisées que tous les quatre jours. c. Nous étions séparés en groupes de 15 détenus. Chaque détenu navait le droit de rester aux WC quune minute puis de céder la place au suivant. Toutes les autres fois dans lintervalle de quatre jours, nous devions faire nos besoins devant tout le monde dans les sachets en plastique quon nous avait donné. Ces sachets servaient à nous apporter la nourriture et nous les gardions pour cette autre fonction. Ces sachets de toilette étaient placés près des bouteilles en plastique près de la porte. Comme la pièce était surpeuplée, les bouteilles et les sachets étaient renversés et les excréments se répandaient dans toute la pièce. Ces bouteilles et ces sachets étaient vidés tous les quatre jours quand nous allions aux WC. Su le chemin vers les WC et au retour, nous étions battus par les gardes. d. Les gardes offraient des récompenses pour inciter les détenus à rapporter ce que les uns et les autres savaient, entendaient ou pensaient, si bien que certains détenus inventaient des histoires sur leurs codétenus pour éviter la torture. e. Les détenus portant des noms comme Omar, Bakirou Marwan, indiquant quils étaient sunnites, faisaient lobjet dattentions particulières des gardes qui leur criaient dessus et les appelaient « fils de pute », « bâtard » et autres termes injurieux. f. Aucun soin médical nétait disponible et on laissait mourir les détenus de leurs blessures causées par la torture. Pendant mon séjour à la prison, les détenus suivants sont morts : Alaa Khareeb Hassan Mohammed Khadim Husham Abbas Omar Ali Mohammed Khalid Younis Muhseen Ali Farhan Mohamed Waheed Mahmoud Abdullah Haitham Radhi
20. Chaque groupe de cinq détenus recevait une bouteille de 2 litres deau tous les 2-3 jours ; quand la soif devenait insupportable, certains détenus buvaient lurine contenue dans les bouteilles.
21.Certains gardes dans la prison avaient des téléphones mobiles avec des signaux et des chansons en persan et parlaient une langue que je ne comprends pas.
22. Même si la prison dAl Jadiria est sous le contrôle du ministère de lIntérieur, les soldats Us ont visité cette prison de nombreuses fois et ne peuvent donc nier lexistence dune telle prison. Pourtant dans les médias, ils nient en avoir connaissance et cherchent délibérément à donner limpression que dans cette prison, il ny a que des soldats irakiens qui torturent des compatriotes, afin de détourner lattention des tortures à Abou Ghraïb.
23. Le 5 septembre 2006 jai été présenté à un tribunal et le juge a décidé de me remettre en liberté pour manque de preuves contre moi.
24. Jai été libéré le 2 octobre 2006 avec trois codétenus dont un Syrien. Mon frère mattendait à la porte de la prison dans sa voiture. Il avait loué les services dun groupe de policiers pour assurer ma sécurité et que je rentrerais sain et sauf chez moi. Jai demandé à mes compagnons de venir avec nous mais ils ont refusé. Deux voitures nous suivaient, une BMW et une Toyota Crown, toutes les deux avec des vitres fumées, mais nous avons pu les semer.
25. Plus tard, jai appris que mes anciens codétenus libérés en même temps que moi avaient été tués et brûlés au cimetière de Najaf et que leurs familles avaient du payer de fortes sommes pour pouvoir récupérer leurs corps à Najaf et les enterrer à nouveau à Bagdad.
26. Je suis resté moins dune heure dans ma maison puis je suis allé dans une autre maison pour y rester quelques jours. Ensuite jai quitté mon pays chéri.
Et je fais cette déclaration solennelle en toute conscience et connaissance de cause en vertu des dispositions de la loi sur les déclarations légales de 1960. Le susnommé ABBAS Z. ABID (Passeport irakien N° S379532), comparaissant devant moi, Saw Ah Leong Commissaire des serments, Kuala Lumpur, Malaisie.
Lire aussi le Témoignage d.Ali Shalal sur la torture à Abou Ghraïb
